Un nouvel ennemi du Web vient-il de naître ? Spock.com fait en effet la Une de bien des sites, et non sans raison. Spock, encore en version bêta fermée, se veut être un moteur spécialisé sur la recherche de personnes, ce qui sous-entend un rassemblement de données plus ou moins privées à l'échelle mondiale. Une entreprise surprenante, alors que Google, Microsoft ou encore AOL ont maintes fois été pointés du doigt pour avoir retenu des données privées. Mais le concept est ici différent.
Spock est le leader dans la recherche personnelle en ligne, aidant ses utilisateurs à trouver et découvrir les gens. Avec plus d'une centaine de millions de personnes déjà indexées, et plusieurs millions rajoutées chaque jour, Spock est en train de concevoir le plus grand et puissant moteur de recherche spécialisé sur la personne présente le site.
Un vrai-faux buzz contre la liberté ?
Mais Spock se contentera de rassembler des informations déjà disponibles à n'importe qui. Piochées sur votre blog, votre MySpace, Facebook, ou même Wikipédia, ces données ne vous concerneront pas personnellement si vous avez de tout temps utilisé un voire plusieurs pseudonymes, et si vous avez su rester discret. Si ces données étaient réellement confidentielles, des associations telle l'Electronic Frontier Foundation seraient montées au créneau.
Les internautes peuvent se sentir attaqués en voyant des informations les concernant agrégées de cette manière, surtout s'ils n'ont pas choisi de le faire par eux-mêmes affirme Derek Slater, de l'EFF, avant de préciser que Spock et Wink ont le droit de parler librement de données qui relèvent du domaine public. L'EFF veille donc.
Une raison supplémentaire d'accroître sa vigilance
Spock n'est d'ailleurs pas un pionnier. Wink.com recense d'ores et déjà plus de 200 millions de personnes, dont une partie ayant intentionnellement créé un compte afin d'être plus aisément retrouvée. Sorte d'annuaire mondial, fusion d'un Viadeo, d'un Copains d'avant et d'un moteur de recherche d'informations personnelles (travail, courant politique, etc.) tirées de réseaux sociaux, Wink et certainement Spock n'ont en fin de compte rien d'extraordinaire. Une recherche sur Google propose généralement des résultats similaires, la fiche et les filtres en moins.
À l'instar de Wikipédia, le réel problème ne sera peut-être pas celui de la liberté et de la rétention de données, mais de la véracité des informations disponibles. Même si Wink et Spock annoncent faire attention, mieux vaudra faire preuve de vigilance. Il est aussi possible que certaines personnes se créent elles-mêmes de fausses identités...
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