Aujourd'hui, le cardinal Lustiger a été inhumé dans le caveau des archevêques de la cathédrale Notre Dame de Paris. Outre la peine que je ressens à la disparition d'une grande personnalité oecuménique, je mesure la perte de ce grand homme qui a mon sens est hélas irremplaçable. Durant toute sa vie, il n'a eu de cesse de rapprocher les deux communautés religieuses juive et chrétienne.
Évêques et archevêques, français et étrangers, mais aussi des représentants de rites orientaux et des communautés juives française et internationale, ont assisté à la messe d'enterrement. Organisée en la cathédrale Notre-Dame de Paris dont il fut l'évêque pendant 24 ans, cette cérémonie a été conforme à l'image de ce prêtre d'origine juive converti à l'âge de 14 ans au christianisme. Son parcours a été exceptionnel car il a été l'exemple d'un véritable homme de foi au-delà des clivages religieux.
Beaucoup de personnalités de la société civile ont assisté à cette cérémonie empreinte d'une émotion recueillie : Nicolas Sarkozy, en tant que président de la république mais aussi en tant qu'ami personnel de Monseigneur Lustiger, le premier ministre, François Fillon, et le ministre de l'Intérieur et des cultes, Michèle Alliot-Marie. Depuis 1995 membre de l'académie française, Jean-Marie Lustiger a également reçu l'hommage du secrétaire perpétuel de cette institution, Maurice Druon qui a salué la mémoire et l'oeuvre de réconciliation entre juifs et chrétiens du cardinal Jean-Marie Lustiger, "homme au-dessus des hommes" et a salué aussi en lui un frère perpétuel.
En hommage aux origines juives de Jean-Marie Lustiger, né Aaron, le prénom de son grand-père, et converti au catholicisme à l'âge de 14 ans, son arrière-petit neveu, Jonas Moses-Lustiger, la tête coiffée de la traditionnelle kippa, a ensuite versé dans une coupe, placée sur le cercueil, de la terre de Terre Sainte.
Le jeune homme a voulu dire simplement "merci" à Jean-Marie Lustiger en racontant un épisode récent, "un des plus beaux moments de sa vie" au contact du cardinal malade. "Je me suis rendu compte que je ne t'avais pas demandé ce que, moi, je pouvais faire pour toi et tu m'as simplement répondu que je pouvais faire deux choses : prier pour toi et avoir une vie heureuse".
Ensuite, Arno Lustiger, cousin du défunt, a rappelé l'histoire de la famille Lustiger, durement touchée par le drame de la Shoah, la mère du cardinal Gisèle morte en 1943 à Auschwitz et ne lise le "Kaddish des endeuillés", prière juive traditionnelle.
Avant de mourir, il a rédigé le texte qui sera gravé sur une plaque marquant son passage dans cette cathedrale dont il a été le pasteur de 1981 à 2005 : " Je suis né juif, j'ai reçu le prénom de mon grand-père Aaron, devenu Chrétien par le baptême, je demeure juif, comme le demeure les apôtres, passant priez pour moi ! "
Je passerai sous silence la pathétique et pitoyable polémique engagée par François Hollande, Secrétaire du Parti Socialiste ou du moins de ce qu'il en reste, sur le prix du déplacement en avion du Président Sarkozy pour se rendre à Paris aux obsèques de Monseigneur Lustiger depuis son lieu de vacances, grevant ainsi le budget de l'Etat.... En ces moments tellement empreints de véritable émotion hautement spirituelle que l'on soit ou non croyant, appliquons le proverbe arabe " Les chiens aboient et la caravane passe..." Plus de 2.000 personnes, de toutes confessions confondues, de toutes idées politiques confondues, ont assité à cette cérémonie sans se poser cette question déplacée aux yeux de tous en de telles circonstances ! François Hollande devait se sentir bien solitaire pour rugir aussi fort dans le micro des médias, ce matin ! "La parole est d'argent et le silence est d'or " Philippe Néricault Destouches 1680-1750 (auteur dramatique) ! J'ai bien l'honneur de ne pas vous saluer Monsieur Hollande !