"Mais pour l'instant je ne vis pas comme il faut, je cherche à forcer le destin (...) Mais il ne faut pas "vouloir" les choses, il faut les laisser s'accomplir en moi, et c'est précisément ce que j'oublie de faire en ce moment. Que ta volonté soit faite et non la mienne."
Etty
Ne pas "vouloir" les choses, mais les laisser s'accomplir en soi.
Cette phrase résonne profondément en moi comme une vérité profonde et la concrétion de quelque chose que je cherchais à me dire ces derniers temps. Peut-être une forme ultime de l'abandon et du lâcher-prise.
Par exemple, je me suis rendu compte que mon dernier spectacle parlait d'un homme qui rencontrait une femme-fée. Une exhauceuse de voeux, une femme magicienne, son féminin sacré. J'ai compris aujourd'hui que ce spectacle fut sans doute la matrice de ma rencontre avec la Dame de la Rencontre.
Une fois ce chemin fait en moi, il pouvait devenir réalité, sans même que je le recherche explicitement.
De quel événement de demain suis-je la matrice aujourd'hui ?
Ce matin, j'ai conté -Ã la demande de sa famille- à l'enterrement d'une dame que j'aimais beaucoup. La procession partie de l'église s'est arrêtée un moment devant un lavoir sur laquelle une scène flottante avait été installée avec des bougies et sa photo.
C'est là que j'ai raconté. Et croyez-m'en, en ces circonstances on ne peut se tromper. Et l'on expérimente alors une des fonctions les plus hautes du conte : apaiser et guérir. Panser les plaies de l'âme et y donner du sens.
Les personnes, enfants, adultes, sont arrivées des larmes dans les yeux et le chagrin qui ravageait les visages. Il m'a semblé lorsqu'ils sont repartis pour la dernière étape jusqu'au cimetière que leur peine était moins lourde, ou en tout cas moins pénible.
Plus tard, ses enfants sont venus me remercier, en me disant qu'elle aurait beaucoup aimé ces histoires.
J'en suis content.
Il n'y a parfois rien à faire, juste laisser les choses s'accomplir en soi.