Les feuilletons allemands de l'après-midi - sujet fondamental
Les après-midi de désoeuvrement, quand il flotte, quand on n'a pas envie de lire un bouquin, quand on ne sait pas trop quoi faire, à part peler la girafe, polir le chinois ou faire coulisser l'andouillette dans la salade de cresson, mais en solitaire, c'est moins drôle, on allume la télé, et on tombe la plupart du temps, coincé entre un talk-show ou du téléachat, sur un feuilleton allemand qui sont de deux sortes principalement : les clones de Maigret ou des "Cinq dernières minutes", ou bien une série d'action "à l'américaine", blagues du "sidekick" gonflant compris, mais transposé dans un environnement aussi excitant que le Bade Würtemberg ou les environs de Rostock, voire LeverKüssen, réputé pour son taux de suicide. Il n'y a guère que "Schimanski" qui était un peu au-dessus du panier -percé- de ces feuilletons.
"Derrick" est l'ancêtre de ces envahisseurs teutons de l'après-midi. De son prénom Stefan, très amusant à entendre quand il est prononcé par le doubleur français de son partenaire, inutilement chaud et sensuel : on a l'impression qu'il va avoir une extase à chaque fois qu'il dit un truc : "Mmm, oui, ouvrez la porte voulez-vous, mm, police !". Regarder leurs trépidantes aventures, c'est effectuer un voyage dans le temps, étudier la mode des "pattes d'eph" et des pantalons en polyamide marron, somnoler vaguement sans trop s'embêter. C'est aussi plonger dans le monde passionnant des banlieues pavillonnaires d'outre-Rhin. Les histoires de Derrick comme les énigmes de ses clones sont socialo-sordides.
Je me rappelle de celle-ci : un jeune homme travaillant dans une fête foraine, orphelin de mère, violé toute son enfance par son père, tue une vieille dame sans le vouloir, et est obligé d'abandonner sa petite amie qui est violée par une bande de motards néo-nazes. Le jeune meurtrier, mineur, se suicide à la fin du film, de quoi égayer une après-midi de pluie. C'est un peu le même style d'histoire dans les séries d'action, des folles poursuites qui respectent les limitations de vitesse ont lieu entre des bagnoles de police et des trafiquants de un peu de tout (traite des blanches, coke, décorations...etc). Le "must" là-dedans est la série "le Clown" dans laquelle le héros, un cascadeur ancien mercenaire, porte un masque en latex pour aider les braves gens et sauver la veuve et l'orphelin. C'est pompé à 99 % sur une connerie américaine quelconque, à la différence que les gentils fument et picolent. C'était sur RTL9, chaîne encore plus dangereuse pour le cerveau que TF1.
De haut en bas : "Schismanski", "Derrick", "Le Clown"