Ben alors, où sont passés mes lecteurs ? Je suis passé de 1600 le mois dernier à 300 ce mois-ci... Comme ça m'étonnerait que 1300 personnes se précipitent sur mon blog d'ici le 30 juin, je commence à douter de mes dernières notes... Ou j'ai dû perdre un référencement quelconque sur google... Bouh, où qu'y sont, les gens ?
Du coup, il faut que je me change les idées. Quoi de mieux qu'un peu de musique et de danse ? Je me suis donc payée une séance de rattrapage du documentaire Rize, sur le hip-hop, réalisé par David LaChapelle. Il est sorti en septembre 2005 mais je n'avais pas eu le temps de le voir. J'a beaucoup regretté parce que tous les critiques et spectateurs en disaient le plus grand bien. Et ils avaient raison ! La première chose qui m'a frappée, c'est la beauté des images. J'ai ensuite découvert que le réalisateur avait été photographe et réalisateur de clips, ce qui explique l'attention particulière portée à la construction des plans. La deuxième chose, c'est que le sujet est passionnant : des jeunes blacks des guettos de Los Angeles réinventent la danse en y trouvant un moyen d'exprimer leur violence et leur colère. Le tout est mené de main de maître et j'ai été collée à l'écran, j'ai rit, j'ai été pendant deux heures une spectatrice curieuse de ces jeunes pleins de vie et de choses à dire.
Enchantée par cette première expérience, je me suis précipitée sur Made in Jamaica, qui me promettait au moins autant d'émotion sur un sujet qui m'était inconnu, la musique jamaïcaine. La bande annonce montre beaucoup de musique, quelques images de musiciens qui sortent des phrases chocs, beaucoup de musique et de danse... alléchant. Quand je suis sortie de la salle, pourtant, j'étais dans une colère noire contre le réalisateur, Jérôme Laperrousaz.
On se demande s'il n'a pas donné sa copie de travail à MK2 avant même de l'avoir visionnée... Tout est en désordre, les gens parlent avant même qu'on sache qui ils sont, une scène de voiture nous montre l'entrée dans un studio qu'on a déjà vu deux scènes plus tôt, toutes les chansons sont coupées brusquement pour laisser parler les chanteurs interviewés, puis on revient à la chanson, puis on retourne au chanteur, on passe à un autre chanteur, on revient à la musique, au premier chanteur... Tous les sujets sont évoqués plusieurs fois à différents moments du film, on se perd dans les considérations politiques quand on aimerait savoir qui sont ces gens que l'on nous montre...
En plus, la réalisation est exaspérante : pendant les chansons, la caméra fait des allers et retours de gauche à droite, de droite à gauche, d'avant en arrière... On dirait un mauvais clip. Les chanteurs n'arrêtent pas de parler de la Jamaïque et des quartiers pourris où ils sont nés mais il n'y a quasiment pas de scènes de rue. On se demande si le réalisateur a voulu faire un film sur la Jamaïque, auquel cas il n'y avait pas de raison de se limiter à la musique, ou s'il a voulu parler de musique, auquel cas il n'en parle pas assez et pas assez bien. Le film regorge de pistes intéressantes, de gens dont on aimerait mieux connaître le parcours, de musique extra, mais aucune de ces pistes n'est vraiment creusées et on se perd parmi les célébrités dont les discours se mélangent.
Voilà pourquoi je suis entrée dans une colère noire contre le réalisateur. Après avoir vu Rize, ce film ni fait ni à faire souffre beaucoup de la comparaison. C'est dommage d'avoir gâché cette chance assez unique de parler de lieux et de gens dont on aurait tendance à oublier qu'ils existent. A charge de revanche.