Parmi mes dernières séances de ciné, peu m'ont déçues. Zodiac est en effet une enquête haletante avec des acteurs justes, Pirates des Caraïbes 3 redore le blason de la série après un deuxième volet ennuyeux, et Lucky you m'a presque donné envie de me mettre au poker (mais je déteste trop perdre de l'argent pour ça...).
Dernière séance en date : Les chansons d'amour. Une comédie musicale tragique soixante-huitarde de gens qui dorment à trois, avec des filles ou des garçons... bref, un joyeux désordre sentimental qui aurait pu virer à plein de choses, glauque, voyeur, larmoyant, névrosé, et qui pourtant m'a bien plu. Il faut dire que quand les gens chantent, ça aide. Louis Garrel, abonné à ce genre de rôle, a le physique de l'ex-étudiant en lettres sorti de khâgne (et je sais de quoi je parle, la fac n'est pas très loin !), pétri d'idéalisme et de grandes phrases un peu juvéniles malgré la trentaine qui approche. Pourtant, il ne m'a pas été antipathique, comme l'est pour moi par exemple Jean-Pierre Léaud dans La Maman et la putain de Eustache. Oui, on sent bien ici l'héritage de ces réalisateurs de la nouvelle vague. Mais ici, les personnages chantent.
Sans les chansons, qu'évoque ce titre à mon avis très mal choisi (on s'attend à de la guimauve dégoulinante et on trouve... pas de la guimauve dégoulinante), le film aurait été sans doute moins intéressant. Comme l'a voulu le réalisateur, elles n'illustrent pas l'histoire, elles la font avancer. Si on enlève les chansons, il n'y a plus rien. Justement, les chansons sont fraîches, les paroles intelligentes (exit les Parapluies de Cherbourg"vous me mettrez un peu d'essence dans ma voiture, et je vous prends aussi un pot de confiture, la la la"), et les acteurs y mettent du coeur, et surtout du jeu.
Une dernière chose à noter dans ce film : l'histoire est triste (je ne vous dirai pas pourquoi, pas la peine d'insister). D'habitude, dans ces conditions (voir Je vais bien ne t'en fais pas ou Sur la route de Madison), je m'effondre et je pleurniche comme une madeleine trempée dans la tisane tout le long du film. Et là , surprise, je n'ai pas versé une larme ! Ca change, ce n'est pas désagréable. Je pense tout simplement que ce film est un peu trop intello pour basculer dans le sentimental. Tout le monde parle et chante beaucoup, il n'y a pas de lourds silences plein de tristesse, pas de longs plans sur les visages abîmés. Le spectateur est sans doute plus concentré à comprendre les paroles des chansons qu'à se mettre à la place des personnages. Point fort ou faible ? A vous de voir...