Evidemment, je rêve d'aller en Russie. Même du temps où c'était encore l'URSS, j'avais déjà envie. Pas à cause de Tolstoï, que je n'ai jamais réussi à lire en entier, ni de Dostoïevski, pour les mêmes raisons… Ah non, les romans russes, j'accroche pas. Y en a un seul que j'ai réussi à terminer, c'est Anna Karenine. Ca n'empêche, ça donnait une idée… Quand j'étais petite, la Russie, c'était les poupées gigognes, les danses ukrainiennes avec les jolis costumes et les longues nattes blondes, le kasatchok de Rika Zaraï et aussi Yvan Rebroff… des sacrées références ! Mais ce folklore m'avait quand même donné envie d'en savoir plus puisqu'en seconde, nous devions apprendre le russe en troisième langue, je m'en faisais une fête, et j'ai été très très déçue d'apprendre à la rentrée que le prof s'était désisté, et remplacé par une prof d'italien ! Ensuite, une fois en philo, j'ai découvert Marx, Lenine, le communisme… ça, j'ai adoré ! Du coup, je me sentais l'âme bolchévique et j'achetais un magazine France-Urss et aussi, juste pour frimer puisque je n'en comprenais évidemment pas un traître mot, la Pravda. Du coup, j'ai acheté le livre Assimil pour apprendre le russe. Et j'ai cherché une correspondante ; une gentille amitié est née avec Sacha (diminutif de Alexandre ou Alexandra), elle habitait près de Moscou, elle m'envoyait des photos, je lui envoyais des cadeaux et des magazines, qu'elle ne recevait jamais : tout était ouvert et pillé à la frontière. Puis j'ai commencé à faire mon prosélytisme d'occidentale à la noix, j'ai commencé à lui parler démocratie et Afghanistan… alors elle a arrêté d'écrire. Parce que sans doute elle avait peur de se retrouver au Goulag. Quelle imbécile ! Moi, pas elle, bien évidemment. Il y a quelques années, j'ai essayé de la retrouver, mais comment faire ? Je ne me souviens même plus de son nom de famille ! Entretemps, la passion de l'histoire m'avait prise et j'ai lu Catherine de Russie, Raspoutine, les tsars… le tout associé aux vieux clichés qui traînent toujours : un air tzigane, des bottes rouges, les grandes plaines couvertes de neige, la place Rouge, les isbas cachées derrière les bouleaux, les traineaux, les coupoles dorées… En attendant, je me plonge régulièrement dans mon Assimil russe ; je ne suis toujours pas arrivée un bout, mais j'y arriverai !