GHAZNI (AFP) - Deux Sud-Coréennes, parmi 21 otages enlevés le 19 juillet par les talibans, ont été libérées lundi dans le sud de l'Afghanistan et remises à un chef tribal, a annoncé ce dernier, Haji Zahir, à l'AFP par téléphone.
Cette annonce intervient au quatrième jour de négociations directes entre une délégation venue de Séoul et deux émissaires des talibans, dans les locaux du Croissant-Rouge à Ghazni, la principale ville de la province du même nom dans le sud afghan, où le groupe d'évangélistes sud-coréens a été enlevé le 19 juillet.
Depuis samedi, les talibans présentent la libération de ces deux femmes comme un "geste unilatéral" de "bonne volonté".
Mais ils réclament toujours la libération par le gouvernement afghan d'un nombre des leurs camarades emprisonnés équivalent au nombre d'otages sud-coréens, ce que rejette catégoriquement Kaboul. Les talibans ont déjà exécuté deux otages, deux hommes, les 25 et 30 juillet.
L'accès au bâtiment où ont lieu les négociations à Ghazni, à environ 140 km au sud-ouest de Kaboul, est interdit aux journalistes.
Par ailleurs, la vie de l'ingénieur allemand Rudolf Blechschmidt, retenu en otage par les talibans, est "en danger", a rapporté lundi le correspondant de la télévision qatariote Al-Jazira en Afghanistan, qui affirme lui avoir parlé au téléphone.
"Il semblait malade. Il disait que sa vie est en danger et que son état de santé s'est détérioré", selon le correspondant d'Al-Jazira.
L'otage, debout sur un terrain rocheux derrière lequel on aperçoit une vallée, était entouré de nombreux hommes pointant leurs armes dans sa direction. Il appellait l'Allemagne et les Etats-unis à retirer leurs troupes d'Afghanistan en échange de quoi il serait épargné, selon un présentateur de la chaîne.
Rudolf Blechschmidt, 62 ans, a été enlevé à une centaine de kilomètres au sud de Kaboul en compagnie d'un second ingénieur allemand qui a été abattu après avoir été victime d'un malaise. Son corps avait été retrouvé le 22 juillet, présentant des blessures par balles.