Elle le savait. Qu'elle lui faisait du mal.
Qu'un jour, il craquerait. Qu'il lui mettrait un ultimatum.
Mais elle ne voulais pas y penser...
Toute leur histoire, c'était ça de toute façon. De guerres en guerres, de luttes en luttes, jamais de vainqueur. Des perdants ? Même pas. Incessant combat, ils ne s'arrêtaient que pour s'aimer. Ces moments étaient magiques.
Quand elle l'aimait, quand elle acceptait de l'aimer, elle était là , entière, heureuse... Elle aurait voulu ne jamais se décoller de lui. Toujours sentir son corp contre le sien. Toujours sentir ses mains sur elle. Toujours rire. Toujours... Et puis parfois elle le détestait. Elle le détestait de l'avoir mise dans cet état. Elle le détestait parce qu'elle avait accepté de l'aimer... d'admettre qu'elle l'aimait.
Et lui ? Comment est ce qu'il l'aimait ?
Parfois, elle voyait passer une ombre sur son visage. Une ombre de douleur, une ombre de souvenir. Ces regards la transperçaient. Comme si toute la violence, toute la colère qu'li avait en lui étaient contenues dans ces regards. Annonciateurs d'un futur ou simple réminiscence d'un passé ?
Ces regards...
Hier, elle avait pleuré. Elle ne voulait pas pleurer quand elle était avec lui. Parce qu'il n'avait pas à savoir. Parce qu'il n'avait pas à subir. Parce que...
Hier elle était triste. Et ce matin encore. des larmes accrochées à ses yeux, comme si elles s'étaient cristalisées dans son sommeil. Elle l'aimait tellement. Même quand elle le détestait elle l'aimait. Même quand ils s'enguelaient, elle l'aimait. Même quand ils faisaient l'amour, elle l'aimait. Encore et encore. Inlassablement.
Elle ne voulait pas rentrer chez elle hier soir. Mais elle n'avait pas le choix. Comme prise au piège. D'une belle prison dorée. Elle n'avait nulle part où aller. Elle ne voulait pas rentrer chez elle. Elle ne voulait pas s'immiscer dans sa vie. Elle ne pouvait rien dire à personne. Elle ... Une idée furtive, celle de la lâcheté est venue la frôler. Partir ? Loin ? Dans sa famille ? Fuir ? Et d'un geste elle l'avait repoussée.
Il était trop là . Elle ne voulait pas l'aimer comme ça. Elle ne voulait pas le faire souffrir. Quoi qu'elle fasse, il suffisait qu'elle ferme les yeux et elle sentait qu'il était là . Qu'il posait ses mains sur elle. En haut de son cou. Elle le sentait revenir en elle. Dans tout son corps. Jusqu'au frisson qui descendait le long de son dos pour finir dans le bas de son ventre.
Est ce qu'il savait qu'elle souffrait ou croyait il tout simplement qu'elle se jouait de tout ?
Est ce qu'il pensait qu'elle n'avait pas idée de tout ce qu'elle lui avait fait subir et de tout ce qu'elle lui infligeait encore aujourd'hui...
Est ce qu'il pensait qu'elle était si froide, si inhumaine que ça ?