Tout d'abord merci à Camille pour ses coms, tu sais je me demande moi aussi comment je tiens depuis si longtemps. J'ai envie de te dire que ma vie depuis ma toute petite enfance a été remplie de galères. J'ai appris au fil de l'eau à m'adapter, à me résigner, à faire des compromis, à ravaler ma fierté et à prendre des petits morceaux de bonheur là ou je pouvais. Je ne suis pas exigeante et je crois que je me contente de peu. J'ai un idéal de vie et j'en suis à mille lieux. Quand j'étais plus jeune (je vais avoir 43 ans le 16 août), et que je n'arrivais plus à supporter mon quotidien, je faisais des petites fugues. Je faisais comme si j'allais au boulot et ensuite je me rendais dans n'importe quelle gare, et je prenais un train au hasard, ou alors je faisais du stop et je marchais, marchais, marchais, jusqu'à épuisement. Quand tu vois comment tu galères en zonant, tu te dis que tes problèmes à côté ce n'est pas grand chose alors je revenais toujours à la maison. Les enfants étaient petits, ils n'en souffraient pas trop. On avait une bonne explication avec mon mari et la vie reprenait son cours. A mon âge, je n'ai plus envie de partir aussi je pars dans ma tête, dans mes livres, les enfants sont plus grands et ne me pardonneraient pas. Ils ont besoin de moi, j'ai envie de dire sans fausse prétention que je suis le pilier de la maison. Si je m'écroule, tout part "en couille", j'en ai déjà fait l'expérience. Je ne suis pratiquement jamais malade, les rares fois ou je souhaite faire une sieste ou récupérer, j'en ai toujours un qui passe le tête par la porte de la chambre pour me dire "maman, tu dors, maman tu vas bien". Ils sont tellement inquiets que je n'ai plus qu'une solution me lever et reprendre en main toute la maisonnée.
Hier soir, on a donc passé une bonne soirée, mon mari est rentré tôt, presque trop tôt, je regardais un DVD "Scoop" de Woody Allen, j'ai bien aimé. J'ai donc arrêté de visionner mon film et je me suis occupée de lui, il était aux anges, un vrai gamin, il était gai, souriant, plaisantant pour un oui pour un non, un peu trop peut être mais visiblement il était content. On a évité de parler de notre fille. Je me sentais tout de même un peu coupable de penser que parce qu'elle était absente, la vie à la maison était plus simple. Pour répondre à Camille, je pense que ma fille aura sans doute des aides si elle quitte la maison, mais le problème est que je ne suis pas sûre d'être prête à la laisser partir. Absente ou non, on s'appelle tous les jours. Hier soir, j'en ai profité pour ranger sa chambre, elle va être en pétard en rentrant, je le sais, j'ai acheté des petites et grandes corbeilles en osier, j'ai plié le linge, rangé ses affaires de coiffure, il y en avait partout. J'ai jeté des tas de tubes de maquillage ou crème, c'est impressionnant ce que l'on peut stocker, j'ai jeté des palettes de couleurs pour les yeux, je vais lui en racheter des neuves avant son retour. Je vais commencer également à lui prendre de la vaiselle, et des draps et autres ustensiles pour le jour ou elle voudra partir. Un genre de trousseau, en quelque sorte !!!!
Je vais vous laisser, j'ai un boeuf aux carottes à préparer pour mon fils, c'est un de ses plats préférés. ça va le changer des pâtes, si je l'écoutais, il en mangerait matin, midi et soir !!!
Merci à Croucrouch pour son com, décidément la vie de famille, ce n'est pas simple chez personne. J'aurais vraiment du mal à être fâché avec mes enfants, je suis vraiment trop malheureuse quand on se prend la tête et comme je ne suis pas rancunière, je cherche toujours une solution pour rétablir le dialogue. A +