Vingt ans de réclusion requis contre le chef présumé du FLNC des anonymes
L'avocat général de la cour d'assises spéciale de Paris a requis jeudi vingt ans de réclusion criminelle, la peine maximale, contre Antoine Marchini, le chef présumé du ?FLNC des anonymes?, un groupuscule clandestin corse qui a revendiqué 21 attentats en 2001 et 2002.
Christophe Tessier a requis 18 et quinze ans de réclusion contre deux des principaux lieutenants présumés de Marchini, Jean-Christophe Casula et Ulysse Calendini. Des peines comprises entre 11 ans de réclusion et trois ans d'emprisonnement ont été réclamées pour dix autres membres présumés de l'organisation. Enfin, le procureur a souhaité un an et six mois de prison dont tout ou partie assortie du sursis contre deux hommes poursuivis pour avoir fourni un support logistique au groupe.
Les avocats de la défense doivent plaider jeudi, vendredi et mardi. Le verdict est attendu mercredi.
Les accusés ont tous reconnu les faits au cours du procès, qui s'est ouvert le 2 mai dernier, s'expliquant plus ou moins longuement sur leur implication personnelle. Les actions ?ont-elles fait changer les choses, le cours des choses comme nous le voulions??, s'est notamment interrogé M. Marchini. ?Je me suis trompé dans mon combat?.
?Le FLNC des anonymes est un mouvement exceptionnel de par le nombre de ses membres, 17 au moins, de la stature de son chef, Antoine Marchini, en raison du nombre d'actions commises, en raison de l'aspect spectaculaire de ces actions, et des cibles quasiment toutes étatiques?, a souligné Christophe Tessier, fustigeant la légèreté des accusés qui n'ont pas pris ?les mesures nécessaires pour éviter des blessés?.
Les quinze accusés doivent répondre de 21 attentats commis dans l'Ile de Beauté entre en juillet 2001 et décembre 2002, attentats revendiqués dans huit communiqués et au cours de deux conférences de presse. Selon l'acte d'accusation, cela en fait le groupe le plus actif dans l'île au cours de cette période.
Le groupuscule est apparu sur la scène de la ?lutte de libération nationale? le 20 octobre 2001 avec la revendication de l'attentat perpétré le 6 juillet 2001 contre une caserne de CRS en construction à Furiani (Haute-Corse).
Ensuite, il a revendiqué une série d'attentats, notamment contre la caserne des gendarmes à Borgo le 23 juillet 2002, une tentative contre la brigade de gendarmerie de Calvi dans la nuit du 22 eu 23 décembre 2002 et les attentats, deux jours plus tôt, contre deux villas à Vescovato.
La caserne CRS de Furiani, déjà visée le 6 juillet 2001, avait été entièrement détruite un an plus tard, le 18 juillet 2002, par l'explosion de cinq charges, mais il n'y avait pas eu de victimes.
Tous les accusés sont mis en examen pour le délit d??association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste?, mais la plupart aussi pour ?destruction d'un bien appartenant à autrui par substance explosive, fabrication et détention de substances explosives en bande organisée?, un crime qui leur a valu le renvoi aux assises.
Source : AP