Journée bien ; des conversations intéressantes.
Ce soir, resto, avec une connaissance de passage sur Paris, quartier Bastille. La fille en question est très attirante. Très très très, même. On parle, puis on se promène dans les rues. Je tente de l'embrasser. Elle refuse. Elle me dit qu'elle n'a pas envie. Bon. On va pour se séparer. Je retente quelque chose. Mais c'est un non catégorique. Je suis super frustré, mais évidemment, j'essaie de rester classe. Loin de moi, rancoeur, ressentiment, et toutes ces choses ! Je lui dis alors simplement que je la trouve vraiment belle, et que je risque fort de penser beaucoup à elle en m'endormant ce soir. Etrangement, j'ai alors l'impression de lui parler avec l'intonation de Doc Gynéco.
Je rentre vers mon scoot, les couilles pleines. Pas mal de racaille dans les rues. Normal, c'est Bastille, et ses petites rues. Devant le scoot, un bar, déco chaleureuse, avec plein de petits Blancs dedans, à l'abri du dehors. Et aussi, plein de serveuses qui s'agitent, jolies manifestement. Je rentre, bière au comptoir. Je dis un truc idiot à la barmaid. Je bois. Dehors, une racaille en voiture de sport passe à une vitesse hallucinante, et pile d'un coup devant un groupe de petits Blancs qui sortent du bar. Il dit un truc aux petits Blancs, un truc qui ne me semble pas très chaleureux, puis redémarre en trombe. Les petits Blancs rigolent nerveusement. J'efface cette vision de ma mémoire visuelle, et me reconcentre sur les serveuses.
Une serveuse blonde, que j'avais déjà vue une fois, passe. Echanges de regards, sourires. Elle est croustillante. Et moi je suis affamé de cul. Je lui dis quelques mots. Le patron me voit faire, et dis à la serveuse qu'elle doit aller bosser au resto d'en face pour les aider à la fermeture (c'est le même propriétaire). En lui disant ça, il me regarde droit dans les yeux, avec sa tête de cul, genre je suis méchant, c'est moi le chef du harem. C'est tellement appuyé qu'il me fait sourire. Petit garçon, va.
Je prends alors un bout de papier, écris mon no de tel, puis je le donne discrètement à la serveuse. Elle me dit merci avec un beau sourire, sans que je puisse déterminer si c'est parce que je lui plais, ou s'il s'agit simplement d'une sorte de joie narcissique. Mais je m'en fous un peu, en fait. Et puis après tout, c'est la journée de la femme.
Je pars. En roulant vers chez moi, je pense aux femmes, et songe à ma période adolescente. A cette époque, je rêvais d'une relation romantique, d'une histoire d'amour. Comme une gonzesse, en fait. Mais malheureusement, je n'avais aucun succès avec les filles. J'étais renfermé, parano. Elles me trouvaient laid. Ce fut une traversée du désert assez infernale. Vraiment douloureuse.
C'est à cette période, pleine de manque, que je me suis mis à faire jaillir des choses de moi : je me suis mis à dessiner. Et tout mon désir d'amour, je l'ai converti graphiquement. Ce désir était tellement fort que je suis devenu vraiment bon en dessin. Au lycée, j'étais la star du dessin, tout le monde venait me voir pour que je dessine un truc. Je n'avais toujours aucun succès avec les filles, mais j'avais découvert une force créative en moi, une force née du manque, de l'absence. Et mon insuccès fut du coup plus supportable : je n'avais pas ce que je voulais, mais au moins, je m'étais trouvé.
Puis, vers 20 ans, les choses ont commencé à changer avec les filles. Et ça s'est rapidement accéléré. Evidemment, j'ai arrêté très vite de dessiner. Et plus j'ai vieilli, plus le niveau moyen de beauté des filles que je me tapais a augmenté. C'est étrange. Ma soeur dit que ça marche pour moi avec les filles parce que j'ai une gueule.
Mais le plus étrange, c'est qu'à l'intérieur de moi, je suis toujours resté l'ado renfermé, sans confiance en lui, sans succès avec les filles, que j'ai été pendant si longtemps. Et à chaque fois qu'une beauté s'ouvre toute entière à moi, je suis secrètement bouleversé.