
Il y a des tas de choses que je voudrais écrire aujourd'hui, mais je ne sais pas comment commencer ; je ne trouve pas non plus les mots pour exprimer le vide que je ressens. Je suis d'ordinaire quelqu'un de passionné, d'entier, et j'aime la vie. Ma séparation avec L., dont je n'ai jamais parlé sur ce blog, est venue chambouler beaucoup de choses en moi. Il est venu à bout de mes derniers espoirs amoureux. Comment croire en l'autre? Comment faire confiance? J'aimerais penser, une fois encore, que le prochain sera le dernier. Mais y aura-t-il un prochain? Suis-je encore capable d'ouvrir mon coeur, d'offrir mon corps, de donner mes restants de vie à un autre providentiel? Comment croire en l'amour quand on est venu à bout de mes (dés)espoirs amoureux?
Telle une onde de choc, le départ de L. commence en résonner à moi. Ce n'est pas lui que je regrette, mais la façon dont il a agi m'a montré à quel point je pouvais être naïf. Bien sûr, je ne peux être totalement objectif à son sujet, l'affect est en jeu. Malgré l'expérience, je me fais avoir à chaque fois, à penser que cette fois tout va marcher. Je n'imagine pas que l'autre en face joue et se joue de moi. Et je ne comprends toujours pas quel est l'intérêt... Je n'ai rien d'extraordinaire à donner. Je ne suis pas magnifiquement beau, je n'ai pas de relations dans des sphères influentes, pas plus que des entrées V.I.P dans tous les coins de la ville. Tout ce que j'ai à offrir, c'est un coeur ; un coeur qui aime, qui ressent les émotions, qui ne veut que battre pour un autre semblable.
Avant de partir, L. m'a reproché ma culture, mon exigeance, mon attachement à lui, ma jeunesse... Je sais que mon coeur, cette éponge à émotions, a intégré ces remarques. Mes doutes me poussent à croire que je deviens transparent, inutiles aux autres. Après tout, combien de fois mon téléphone a-t-il sonné ces dernières semaines? Bien sûr, en apparence, j'ai une vie agréable : j'ai un appartement dont je suis propriétaire, j'ai un boulot en CDI avec l'Etat que j'apprécie, je commence à être publié dans des ouvrages universitaires. Mais je ne suis pas matérialiste et je sens que je passe parfois à côté de l'essentiel.
Quand je regarde les gens autour de moi, j'ai l'impression qu'ils ont plein de choses mieux que moi, une vie plus palpipante, remplies d'expériences géniales. Je me sens toujours inférieur à eux, comme si le loser que j'étais au collège était toujours là. Car j'étais de ceux-là : ceux dont on se moque parce que j'étais un peu rondelet, pas franchement très viril, je n'appartenais pas au cland des beaux gosses à la mode avec qui on reste parce qu'ils sont populaires. Je sais pertinement ce que ceux-là sont devenus ; je n'envie pas leur sort. Cependant, je crois que cette image de moi est restée gravée.
Je sens que je me replie sur moi, je n'ai plus envie de parler. Hier, en fin de soirée, je discutais sur MSN avec mon lecteur préféré. Sans qu'il le remarque, j'ai fait glisser la conversation sur lui, sur ses études et sa soirée. Je n'arrivais pas à lui dire que je me sentais mal. Par timidité, par pudeur, par respect : peut-être pour tout cela à fois, ou peut-être parce que j'ai peur de le faire fuir avec mes états d'(âme)our... Je lui ai simplement glissé, comme un indice, mon envie de fermer mon blog. Je regardais mon écran, les yeux dans les vides, et je sentais quelques larmes monter. Je n'ai pas osé lui avouer mon extrême sensibilité, ma solitude.
J'ai peur de vieillir seul, de passer à côté de l'essentiel de ma vie. Je voudrais, une dernière fois, que quelqu'un me tende une main innocente, dénuée d'intérêt, juste pour la beauté du geste...