Errance jouisseuse et suicidaire d'un amoureux éconduit.
Wakizaka (Katsuo Nakamura) venge la femme qu'il aime, Shoko (Mariko Kaga), elle s'était faite violée. Il tue le coupable. Dans un train. Un homme l'a repéré, ne le dénonce pas, mais lui propose un marché. Il lui faudra garder pendant quelques temps une valise bourrée d'argent public, de fric détourné. 30 millions de yens. En échange, il gardera le silence sur le meutre de Wakizaka. Et viendra récupérer cette valise dans quelques temps. Désespéré par le mariage de Shoko, Wakizaka va utiliser tout le fric avant de se foutre en l'air. Il consomme alors les femmes. Au menu : hôtesses de bar, putes et femmes mariées, toutes celles qui lui rappellent son amour pur saccagé.
Après trois ans d'absence au cinéma, -il s'est consacré à des documentaires pour la télévision-, Oshima tourne les Plaisirs de la chair, double échec, commercial, et pour Oshima lui-même. Sans être un chef d'oeuvre, le film a dû mal se défaire de ces multiples invraisemblances, ratatouille scénaristique presque indigeste, Oshima s'en extirpe par quelques saillies, mise en scène de certaines de ses ardeurs, proximité du désir et de la mort, brûlures de la jeunesse, quête d'identité face au capitalisme vorace de la société japonaise dont il vomit le modèle.
Obsession de l'être aimé, fantômes, corps en désir et abandon dépressif, solitude, tels sont les thèmes qui sont à mon avis remarquablement évoqués dans ce film. En plus la copie est très belle.