Madame la Ministre,
Le 20 juin 2007, lors de la journée nationale de la chirurgie organisée par la Fédération hospitalière de France (FHF), M. le Professeur Guy Vallancien, co-auteur du rapport Hôpital 2007 , membre du Conseil National des Chirurgiens (CNC), a fait des déclarations pour le moins inopportunes, voire provocantes, qui nous conduisent à vous interpeller.
Pour régler les problèmes de pénurie d'IBODE et D'IADE - essentiellement dus, selon lui, à la durée des études, M. le Pr. Vallancien prône l'ouverture des blocs opératoires à de nouveaux métiers et suggère de remplacer les IBODE par des techniciens plus rapidement formés.
D'après lui, la relation humaine au bloc opératoire est réduite à son a strict minimum car la tâche des soignants se résume à accueillir le patient, à vérifier que le dossier est là et ensuite, c'est l'IADE qui conduit le patient en salle de réveil .
Cette prise de position revient à nier l'ensemble des compétences mises en oeuvre par ces professionnels et leur pertinence. Elle est teintée d'un mépris choquant. Comment, dans un système sanitaire soucieux de qualité, de sécurité et d'efficience, à l'heure de l'élaboration du référentiel de compétences des IBODES, où des compétences spécifiques apparaissent, de telles propositions peuvent-elles être faites, alors même que les préconisations de la Haute Autorité de Santé vont dans le sens d'un renforcement du nombre de professionnels qualifiés dans les blocs opératoires ?
La fédération CFDT santé-sociaux souhaite vivement que vous précisiez votre position concernant l'organisation de la prise en charge des usagers au sein des blocs opératoires.
Dans cette attente, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l'assurance de notre haute considération.
Yolande BRIAND
Secrétaire Générale
Fédération CFDT Santé Sociaux
HÖPITAL ENTREPRISE
Les hôpitaux sont maintenus dans des déficits intenables. Ils souffrent également de l'insuffisance de recrutement. Certaines personnes qui entrent travailler à l'hôpital public, ne restent pas longtemps, à cause des conditions de travail. De l'hôpital, ces membres du personnel vont quitter le service. Rien n'est fait pour les retenir. On embauche à nouveau sur des contrats courts. Souvent même les postes sont laissés délibérément vacants comme les IBODES. Les malades s'entassent sur les brancards, la situation ne fait que s'aggraver.
Avant, un bon médecin voyait des malades. Aujourd'hui un bon médecin publie des articles en anglais. Celui qui se consacre à la gestion, comme un économiste, est le meilleur. Cette tendance est poussée par le gouvernement, qui veut instaurer des primes à la rentabilité pour augmenter la production de soins. Nous quittons la médecine de la relation avec le malade pour aller vers une culture industrielle et productiviste. La tarification à l'activité est l'instrument de cette évolution : elle fait l'impasse sur la qualité des soins. La nouvelle technologie (ordinateur et Internet) ne fera qu'aggraver la situation, elle permettra un jour aux médecins de soigner les patients à distance, dans l'avenir un patient pourra être soigner sans même voir un médecin !

La mission sociale fait partie de l'histoire des hôpitaux. Au début, l'hôpital se faisait un devoir d'accueillir tous les indigents. Aujourd'hui, la très grande précarité rejoint les lits du SAMU social ; qui a constitué petit à petit un hôpital à pauvres. L'hôpital a également un rôle de maillage du territoire. Dans les régions où la poste, l'école, la gare et l'hôpital sont fermés, il n'y a plus rien. Et comme les gros hôpitaux qui restent n'ont pas les moyens d'accueillir tous ceux qui convergent vers eux, de nouvelles formes de misère se développent. Il faut penser aux personnes âgées. En quinze ans, plusieurs mille de lits ont fermé.
Alors, le système rend les soignants inhumains et naturellement la qualité de soin va par conséquent se dégrader au cours des années. Et on oublie souvent que nous allons subir probablement le même sort que nos patients !
cfdtmondor
Creteil-94