Actualité des Blogs Perso  
   
 
Menu Principal
Accueil
Contact
Publicité


Publicité


 
 
 Recherche
Google
 
 


 
 
Les derniers billets du Monde des Blogs


Le Gars des vents froids (1960) de Yasuzô Masumura

Dès les années 60, Masumura rature tous les clichés et la beauté supposée du mythe mafieux. Le gars des vents froids est aussi l'occasion de redécouvrir l'inclassable Yukio Mishima dans un rôle décalé de yakuza fragile.

L'adaptation à l'écran de son roman Enjo (Le Brasier) en 1958 ouvre les portes de la Daiei à l'écrivain. Au sein de cette compagnie, Masaichi Nigata, producteur, lui propose des rôles qu'il refuse. Il finit par accepter une collaboration avec le réalisateur Yasuzo Masumura. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps, fréquentant pendant la guerre l'université impériale de Tokyo, la plus prestigieuse du Japon. Ils se retrouvent pour Le gars des vents froids écrit en partie par l'un des scénaristes attitré de Kurosawa, Ryuzo Kikushima (Chien enragé, La forteresse cachée, Barberousse, ...)

Au début du film, Mishima incarne un yakuza emprisonné, Asahina. Après avoir échappé par chance à un assassinat fomenté par un clan rival, les Sagara, on le relâche. Mais il est menacé par le chef qu'il a voulu tué, mais raté, et dont la tentative de meurtre l'avait mené à l'ombre des barreaux.

Point de départ classique du film de yakuza, la sortie de prison, est généralement l'occasion de démonstrations de force, où l'homme fait montre de sa virilité exacerbée, paré de son plus beau costume. Ici, l'entrée en matière est plus ironique. On sent bien que ce yakuza n'est pas tout à fait comme les autres, pas le même calibre. Il se refuse à sortir par crainte de nouvelles représailles, tentatives aussi vaines que surprenantes auprès des autorités pénitentiaires. Dominé par la lâcheté, la crainte, le doute, toutes choses niées par le code de l'honneur, ce personnage est d'autant plus intéressant qu'il est interprété par cet être hybride, aux abords durs mais à la douceur éclatante, Yukio Mishima.

Comble de la cocasserie, lorsqu'il sort, Asahina part à la recherche d'une femme. Encore tente-t-il de prouver vainement sa virilité, après avoir exhibé ses muscles et sa belle veste en cuir ! Mais personne n'est dupe, ni de Mishima ni de Asahina. Masumura se joue encore de son acteur et de son personnage et utilise les possibilités multiples de variations autour du mythe du yakuza, dont il dévoile sans la révéler la part d'ombre, vérité historique soigneusement étouffée dans les films de l'époque, l'homosexualité. Plus encore, il s'en prend à ses rivaux. Masumura affaiblit les autres figures du genre, souligne leurs faiblesses et rend bancal toute tentative de glorification : défaut de constitution du tueur, asthmatique, ou détail comique du rival juré, qui oublie le joli dessin de son enfant dans la voiture. Même la figure emblématique de l'oyabun (sorte de parrain de la yakuza) s'adoucit sous les traits de l'acteur Takashi Shimura, davantage rieur que rigoriste, allégorie de la bonhomie chez Akira Kurosawa.

S'il s'en moque et le pervertit, Masumura reste en apparence quand même fidèle au genre. N'oublions pas qu'il exerce au sein d'un grand studio, la Daiei, et ne peut se permettre d'être trop frondeur, préférant man?uvrer avec subtilité. Aussi les archétypes, les lieux, et la trame du genre sont-ils présents, mais détournés en souterrain. Asahina, après avoir échappé pour un temps aux griffes de ses ennemis, va être confronté à un autre obstacle de taille. Non pas des hommes flanqués d'armes, mais une simple femme : Yoshie (Ayako Wakao), qu'il viole et dont il sera obligé de s'occuper. D'ordinaire soumise, que ce soit dans la société japonaise ou dans les films de yakuza, réceptacle de la masculinité, la femme est dans le cinéma de Masumura plus redoutable, plus puissante qu'elle n'y paraît. Yoshie a d'autres méthodes, d'autres outils que le pistolet, elle l'humilie, utilise sa vitalité pour s'en sortir. Indestructible, sa volonté lui permet d'affronter à la fois les coups du destin et de son compagnon. Elle finit par obliger Asahina à raccrocher, après avoir pris le dessus sur lui, et semble lui avoir fait comprendre sa vraie personnalité. Elle l'a révélée à lui même, lui a fait accepter ses faiblesses sous ses airs de terreur.

Au final, le film tend à démontrer que les hommes, yakuzas ou pas, se comportent comme des enfants. Ils vivent en dehors de la réalité, réalité que seules les femmes savent rendre intelligible. Ils jouent à se faire peur, veulent prouver à tout prix leur puissance. Reste à accepter le corollaire de cette attitude ridicule, la mort.

Titre original : ?????? (Karakkaze yarô)

?? : ????


Source : hautetfort.com
Clic pour lire la suite sur le billet Le Gars des vents froids (1960) de Yasuzô Masumura


Autres Articles à lire sur les Blogs :
Nuitée jour hautetfort.com
Mais qui a volé, etc... hautetfort.com
Salon de la moto de CAGNES SUR MER édition 2006 hautetfort.com
Quand le PIGNOUF* barbote, la France mouille sa p'tite culotte. hautetfort.com
Petit briefing ! hautetfort.com
What a shiiitness : hautetfort.com
Hollande candidat à l'investiture socialiste pour les présidentielles 2012 hautetfort.com
saucisson hautetfort.com
La vie sexuelle après l'arrivée de l'enfant hautetfort.com
Ton corps est à toi hautetfort.com
Vivement les vacances! hautetfort.com
Voix. hautetfort.com
Un été kitsch (Episode 13 hautetfort.com
3ème petit carré d'expression libre hautetfort.com
La liberté de priver les autres de la leur hautetfort.com
bella hautetfort.com
Anti-kamasutra hautetfort.com
Cet instant là hautetfort.com

 
Gagnez des Chéques !

Et des Cadeaux sur LesGagnants.com, des milliers d'Euros à distribuer, tentez votre chance dès maintenant !

Venez gagner des milliers d'Euros !

 
Logo & Sonnerie Portable

Magik-Mobile.net : le plus gros catalogue de sonneries et logos pour votre mobile. Plus de 30 000 références à télécharger !

Logo Sonnerie pour ton Portable

 

  Design by Zak - Copyright www.dizajn.biz