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Dos Santos chasse les Congolais, Kabila se réjouit de bonnes relations entre les deux pays
L'expulsion de plusieurs milliers de ressortissants congolais n'a pas sorti les gouvernants congolais de leur impassibilité. En dépit de plusieurs expulsions de ses concitoyens de l'Angola, Joseph Kabila continue à se féliciter de bonnes relations existant entre lui et son homologue angolais, devenu plus qu'un parrain . Un protecteur. Une fois de plus plusieurs milliers de citoyens congolais ont été expulsés, sans ménagement, le week-end du 6 juillet des régions diamantifères de la République populaire d'Angola. Nul ne peut décemment contester à l'Etat angolais d'exercer la compétence exclusive sur son territoire. Un bémol cependant. Interrogés par la radio Okapi, à leur arrivée aux postes frontières de Dilolo (Katanga) et de Mwene Ditu (Kasaï oriental), plusieurs refoulés congolais portaient de traces de sévices corporelles. Ils ont affirmé avoir subi de mauvais traitements avant d'être dépouillés de leurs biens par les forces de sécurité angolaises. Il se pose dès lors un devoir d'assistance à une population en danger. Les autorités provinciales à Lubumbashi ou à Mbuji-Mayi n'ont fait aucune déclaration. Pas un mot de protestation. Le vice-gouverneur Yav Tshibal, joint à Lubumbashi, s'est contenté de déclaré à l'AFP que les refoulés étaient des milliers . A Kinshasa, le gouvernement du Premier Antoine Gizenga se tait comme à son habitude. On l'a vu dans l'affaire Bundu Dia Kongo. Il en a été de même dans le dossier Kahemba examiné au demeurant à huis clos par les élus du peuple à l'Assemblée nationale. Le Premier Gizenga s'est dérobé également lors des affrontements des 22 et 23 mars derniers entre les membres de la garde présidentielle et les soldats attachés à la sécurité de l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba. Joseph Kabila, lui, fait mieux.
Bonnes relations
Dans l'interview qu'il a accordée à l'hebdomadaire Jeune Afrique n°2424, daté 24-30 juin 2007, Kabila fait l'éloge de l'excellence des rapports qui existeraient entre Kinshasa et Luanda. (?). Nous avons de très bonnes relations avec les autorités de Luanda . Très bonnes ? Joseph répondait à une question sur l'occupation, par l'Angola, de plusieurs villages du territoire de Kahemba dans la province du Bandundu. Selon lui, pour les raisons citées précédemment, ce différend frontalier ne pourrait absolument pas dégénérer en un conflit ouvert. Ce que le numéro un Congolais ne dit pas ce que ce discours autant mou que diplomatiquement correct découle du fait que son pouvoir est assis sur un siège éjectable dont le bouton se trouve au palais présidentiel angolais. Boutade ? Nullement. Depuis la libération du 17 mai 1997 ayant porté LD Kabila au pouvoir, le régime angolais de José Edouardo Dos Santos traite les dirigeants du Grand Congo avec la plus grande condescendance. Pour causes ? La force aérienne angolaise dû intervenir en mai 1997 pour permettre aux libérateurs , composés essentiellement des soldats rwandais et ougandais, de faire sauter le verrou de Kenge et ouvrir le chemin de Kinshasa. En août 1998, les forces armées angolaises, encore elles, ont mis en déroute, dans la province du Bas-Congo, un commando conduit par le général rwandais James Kabarebe dont l'objectif était d'évincer L-D. Kabila. Ainsi faire payer à celui-ci son ingratitude suite à la rupture avec ses ex-parrains rwandais et ougandais. Depuis cette dernière intervention, les dirigeants congolais ?Joseph Kabila, en tête - sont devenus débiteurs, à l'égard de l'homme fort de Luanda, de leur survie politique.
Acte hostile et inamical
Cette dépendance politico-militaire a pris des dimensions préoccupantes depuis l'élection présidentielle de 2006. La veille du second tour, tenu le 29 octobre dernier, Joseph a fait un saut dans la capitale angolaise. Quel était le but du voyage ? La réponse est venue la veille du scrutin par le déploiement des policiers angolais sur tous les points stratégiques de la capitale congolaise. La communauté internationale , prompte à donner des leçons en matière d'élections libres et transparentes , a brillé par un mutisme complice. Lors des affrontements des 22 et 23 mars, un contingent de l'armée angolaise est venue à Kinshasa pour épauler les éléments de la garde de Kabila. Tous les observateurs s'accordent à reconnaître que Joseph n'a pu sauver son fauteuil que grâce au précieux concours de Dos Santos. Les hommes de Bemba ont été battus par des soldats aguerris, bien entraînés et bien équipés. L'information relative à la participation angolaise aux combats a été diffusée par l'AFP citant des témoins à l'aéroport de Ndjili. Joseph continue à nier cette évidence. De bonnes sources, on apprend que les diplomates angolais confient en privée que toute volonté congolaise de porter l'affaire Kahemba devant la Cour internationale de justice serait perçue comme un acte hostile et inamical . Est-ce pour cette raison que le ministre des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamuisi, soutient le contraire de ce qu'il affirmait par rapport à son collègue en charge du ministère de l'Intérieur ? Rappelons que depuis 2004, pas moins de 300.000 citoyens de la RD Congo ont été expulsés des provinces minières d'Angola. Kabila, lui, continue à clamer : les relations entre Kinshasa et Luanda sont excellentes. Pour qui ? B. Amba Wetshi
Source : hautetfort.com
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