Affiches déchirées.
Pierres écartelées.
Jeunes filles en vélo
culottes blanches en guise de phare...
Bobonne lèche les vitrines
pense au mari
qui touche juste ce qu'il faut...
Voitures garées.
Bébé enfermé.
L'oeil vide, en sueur,
regarde les grandes personnes,
rêve de vengeance...
Feu d'artifice, à minuit,
préparatifs, préservatifs,
bal populaire, boîte de nuit.
Pétards et cavalcades,
coins sombres et roucoulades :
c'est le Quatorze Juillet.
Traces de pas lourds
sur le macadam, gluant
de vomissures alcoolisées.
Poubelles béantes
des restes de la veille...
Chien maigre
le museau noir de marc de café,
un os dans la gueule,
l'oeil pourri d'amour...
Cuisses ouvertes, chambre sordide,
une fille se vend se prête se donne
à des sexes sans visage
qui labourent son ventre...
... C'est le Quatorze Juillet.
Elle rêve d'overdose.
Là -haut le ciel bleu, gris, soleil,
nuages soufflés,
les oiseaux
là -haut,
là -haut les oiseaux...
Ailes plumes averses et vent,
flaques d'eau
vues d'en haut,
là -haut...
... Les oiseaux...
Fabrice. Le 02/08/1985