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Gérard Jaquet, de Léon Blum à François Mitterrand
Gérard Jaquet De Léon Blum à François Mitterrand Editions Bruno Leprince Collection "mémoire(s) du socialisme" J'ai connu Gérard Jaquet au Parlement européen dont il était vice-président de 1979 à 1984, en même temps que Président de la Délégation française au sein du Groupe socialiste. Je lui dois, pour beaucoup, d'avoir quitté la SNCF, où je travaillais en 3X8 dans un poste de régulation des trains, pour entrer au secrétariat des socialistes européens. Gérard est né en 1916, comme François Mitterrand, et comme mon père. Quand je suis arrivé au Parlement européen certains députés avaient donc l'âge de mon père. J'en vois aujourd'hui qui ont l'âge de mes filles... Gérard a toujours été socialiste, même pendant la guerre, de façon clandestine et donc dangereuse. Plus proche de Daniel Mayer que de Guy Mollet, il a joué un grand rôle pour faire évoluer la SFIO et donc dans l'accession de François Mitterrand à la tête d'un PS rénové. Il constate que le PS s'est éloigné du marxisme et même des théories de Blum : "il n'est plus guère question de conquête du pouvoir aboutissant à une transformation révolutionnaire de la société", "le socialisme actuel vient à la suite de tous les courants réformateurs qui ont traversé notre société au cours du XIXe siècle". Même si Blum reste son modèle, surtout quand il disait : "chaque fois que je me trouve devant un problème difficile, je me pose la question : qu'aurait fait Jaurès à la place où je suis ?". Sur la guerre l'Algérie, il prend la défense de Guy Mollet, dont il était le ministre de l'information, et de son "Garde des sceaux, ministre de la Justice", François Mitterrand, et il éclaire la crise créée par le détournement de l'avion transportant Ben Bella, donnant une explication que je n'ai jamais lue ailleurs : Guy Mollet avait engagé avec le FLN algérien des négociations secrètes, devant aboutir à des élections libres en Algérie. C'est Max Lejeune, qui n'était pas au courant des négociations secrètes, qui a pris la décision de faire détourner l'avion qui transportait Ben Bella, faisant capoter ainsi un espoir de paix. François Mitterrand, qui lui était dans la confidence, n'avait aucune raisons de démissionner du gouvernement, ce que beaucoup lui ont reproché par la suite. Gérard a toujours été européen, proche de François Mitterrand sur ce terrain. Face à la mondialisation, il considère que "c'est par l'entente et la réconciliation entre toutes les Nations du monde que nous connaîtrons la paix". Comme il est écrit dans l'avant propos, Gérard Jaquet a toujours été un homme réservé, pondéré, bienveillant, au sourire parfois ironique, sans méchanceté, mais avec cette distance que donne l'expérience. C'est avec émotion que j'ai lu ce petit livre dans lequel il évoque des ami(e)s commun(e)s encore vivant(e)s, comme lui, ou trop tôt disparu(e)s.
Source : hautetfort.com
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