Si ce n'est que l'on se regarde de haut avec des airs de compassion quand on a le sentiment d'avoir été loin de ce qui grandit et que même les circonstances d'où l'on chercherait à extraire une issue comme l'on dit honorable, ne nous parlent que de conduite ignoble. Il est souvent temps de ne se plaindre que d'avoir été en dessous de tout. Cette note est là pour ces moments de la vie où l'on a honte d'inspirer encore de la confiance.
Elle avait pour elle la beauté du secret, de ce qui reste caché aux yeux du commun et ne se montre plus par crainte d'avoir encore à traverser l'enfer de l'anthropophagie amoureuse. Sa longue chevelure recevait les hommages et les laissait se perdre quand l'air tout à coup en levait les mèches brunes. Elle avançait légère et douce comme un refus qu'il était doux pareillement de prendre au moins pour quelques mots échangés. De ces mots sans sarcasmes desquels un jour nait et s'ouvre un monde moins cruel et nous rendent un peu légers à la surface de nos fusions de plomb faussement aurifère. Elle est la femme dont le monde est fait.
Je savais qu'elle n'était pas faite pour mes déserts. Je savais que je n'avais à lui offrir au milieu de mes discours qu'une couche tendue de meurtres accumulés au fil de mes razzia. Je vivais dans la folie de survivre et saignais tout ce qui alentour semblait être l'innocence dont jamais je n'avais été ni la source ni le fruit. Mais son regard, un seul éclat de ses yeux noirs avait suffit à me convaincre que de mes pillages je pouvais sortir, pillé moi même mais avec au ventre une enfance à raconter. Elle m'enfantais quand nous faisions l'amour et la peur d'être ailleurs que dans la pensée des chiens ne me térassait plus. Elle me berçait en asséchant le naufrage où les épaves me nommaient en ricanant. J'étais d'elle comme d'une pensée lente, sans que des serres ni de la charogne je ne sois plus l'odieux caprice.
Combien de fois l'ais-je laissée sans nouvelles ? Combien de fois ais-je oublié que c'était d'elle que naissait le souffle qui me poussait, poitrine au ciel, en avant des vieilles hordes qui m'attendaient sitôt le coin de la rue tournée et le son de sa voix perdue. Combien de fois sans la renier, qui peut nier que la lumière est là , au creux de la nuit où l'on avance pourtant parfois au timbre d'une voix, l'ais-je relèguée au rang vaniteux d'une liberté de pacotille ? Liberté de poète, songeur étripé à l'aplomb des ses orgie de mots vidés.
Elle avait pour moi le rêve d'un temps paisible. Ce temps que je m'interdisais et dont je l'ai privée comme d'un arbre on arrache les fleurs en craignant que les fruits soient plus doux que la faim.