2007 : la scission entre "démocrates" et centristes
25 avril 2007 : François Bayrou annonce la création d'un nouveau parti, le Parti démocrate
Entre deux tours : L'UDF ne donne pas de consigne de vote. François Bayrou annonce qu'il ne votera pas Nicolas Sarkozy. Une majorité de députés UDF appellent à voter pour Nicolas Sarkozy.
9 mai 2007 : 24 députés UDF sur 30 signent dans Le Figaro une tribune "Pour un centre libre dans la majorité présidentielle"
10 mai 2007 : Le principe de la fondation du Mouvement démocrate est voté le par les conseillers nationaux de l'UDF réunis à la Mutualité. Jean Arthuis prend ses distances. Jean-Louis Bourlanges "dit au revoir" à l'UDF. Pierre Albertini quitte l'UDF pour devenir "centriste indépendant".
18 mai 2007 : Hervé Morin est nommé ministre de la Défense dans le 1er gouvernement Fillon
29 mai 2007 : Création du Nouveau Centre par les parlementaires issus de l'UDF.
10 juin 2007 : l'UDF-MoDem présente 535 candidat et s'effondre avec 7.61 % (1 981 107 voix). Le Nouveau Centre voit 7 de ses candidats élus dès le premier tour.
17 juin 2007 : Le MoDem emporte 5 sièges, le Nouveau Centre compte 21 élus. Jean-Christophe Lagarde quitte l'UDF et rejoint le Nouveau Centre.
19 juin 2007 : André Santini et Valérie Létard font leur entrée au gouvernement en tant que secrétaires d'Etat. François Sauvadet devient président du groupe parlementaire du Nouveau Centre.
2 juillet 2007 : le Nouveau Centre se dote d'instances nationales provisoires.
3 juillet 2007 : les sénateurs UDF, MoDem et Nouveau Centre restent unis au sein du groupe Union Centriste - UDF
13 juillet 2007 : Didier Bariani refuse que l'UDF disparaisse dans le MoDem
17 juillet 2007 : Thierry Benoît, député MoDem, appelle au rassemblement entre MoDem et Nouveau Centre au sein d'une UDF modernisée
En quelques semaines, la dernière séquence est particulièrement douloureuse pour la famille centriste. Elle est désormais divisée en cinq "courants".
Celui du MoDem qui refuse de voir un échec relatif dans la candidature de Bayrou à l'élection présidentielle et entend créer un nouveau parti "démocrate" sur les ruines de l'UDF, opposé à Nicolas Sarkozy et allié objectif du PS. Mais la dynamique bayrouiste de la présidentielle marque un point d'arrêt aux législatives.
Celui du Nouveau Centre, qui a pris acte de la stratégie personnelle jusqu'au boutiste de Bayrou et souhaite s'appuyer sur son groupe parlementaire pour prendre la suite de l'UDF avec un nouveau parti indépendant, mais allié à l'UMP. S'il peut s'appuyer sur un important réseau d'élus, le nouveau parti manque encore de militants ... et de financement ?
Celui des UDF "canal historique", sceptiques sur l'aventure du MoDem et qui défendent le maintient de l'UDF comme un parti indépendant qui aurait toujours vocation à rassembler l'ensemble des centristes. Au-delà des questions stratégiques, celle des finances, l'UDF restant le "tiroir caisse" du MoDem. Mais comment tenir cette ligne sur le long terme dans un parti totalement acquis à la ligne de François Bayrou qui veut faire du MoDem un parti unitaire.
Ensuite, celui des centristes indépendants, qui ne se reconnaissent dans aucun parti et attendent certainement la fin de cette séquence dominée par les divisions pour adopter un positionnement définitif.
Enfin, celui des centristes de l'UMP (qui a compté quelques ralliements comme Baguet ou Galland), qui restent convaincus d'avoir fait le bon choix en 2002. Leur influence au sein du parti demeure cependant marginale en l'absence d'un leader identifié. Mais il faut reconnaître que sur le plan des idées, ils ont su favoriser un virage de l'UMP vers une ligne européenne proche de l'UDF et une pratique plus démocratique et ouverte de la politique.
Pourtant, cette division aurait pu être évitée. Il aurait fallu que François Bayrou prenne acte de son échec relatif et qu'il l'utilise constructivement pour renégocier la place de l'UDF vis-Ã -vis de l'UMP. Avec plus de 18% à la présidentielle, l'UDF était en mesure de préserver sa ligne d'indépendance, tout en accroissant sa représentation au parlement et au gouvernement. Elle aurait pu ainsi poursuivre sa reconstruction amorcée en 2002 pour continuer à jouer son rôle de force critique et d'équilibre au sein de la majorité. Quant à l'ouverture au centre-gauche, elle demeurait possible le jour où le PS se serait rénové. Mais cette stratégie positive, qui aurait maintenu la famille centriste unie, qui aurait peut-être même permis un rapprochement entre centristes de l'UMP et UDF, contenait un point négatif. Elle handicapait grandement la possibilité pour Bayrou de se présenter à nouveau en 2012, en l'empêchant de tenir une ligne d'opposant à Sarkozy. Bayrou aura donc préféré sacrifier l'unité de sa formation politique au profit de sa stratégie personnelle et de la chimère d'un parti centriste qui ne s'allie jamais et entend prendre à lui seul le pouvoir. Le vrai bilan des années Bayrou ne pourra être fait qu'en 2012. Et l'on pourra constater s'il a su, en près de 20 ans de contrôle sur l'UDF, faire mieux que VGE avant lui, et rassembler les fameux 2 Français sur 3 qui restent prêts à voter au centre à chaque élection.
Députés (07-12) : 21 Nouveau Centre - soit 3.5 % des sièges ; 4 MoDem - soit 0.7% des sièges