Il y a parfois, des drôles de sentiments qui submergent, d'un grand coup de lundi après midi maussade. Des trous noirs et des ombres au tableau . Des écritures impossibles à déchiffrer, des signes indécodables, des montagnes bien plus hautes que l'Everest.
Alors voilà. Un plus un plus un plus un, ça fait pas toujours un compte rond. Et quand les appartements se vident, quand on se retrouve face à la réalité, aux évidences, aux difficultés, qui d'années en années, ne trouvent pas d'issue, je peine un peu à faire comme si de rien n'était. Quand l'avenir ne devient qu'une grosse masse floue et effrayante, quand on ne sait plus pourquoi on est fait, où tout ça va nous mener, si le chemin est le bon, si ça vaudra le coup et comment les choses vont se passer et surtout si elles se passeront. Quand tous ça cumulé on craque au sens littérale du texte, on se fracasse, on s'éffiloche et s'émiètte...
Les soirs où ne sait plus, on arrose les déserts de grands ruisseaux salés et continus.
Les doigts serrés, le poing en poche ... larmes à l'oeil...
Aller à la SNCF, prendre un train, longer les quais de gare et de sa vie, creuser des sillons pour s'y planquer. Trouver un abri, un frère jumeau. Se creuser la tête, s'acharner, recommencer, faire des tas, empiler et ne plus réussir à compter.
Là c'est clair j'ai arrêtée de compter...
Je crois qu'en ce moment il y a de l'à peu près dans l'air. On croit savoir, on croit dire les choses et en fait on ne les dit pas vraiment. On pense être proches, et on ne l'est pas, ou plus vraiment ou pas encore. C'est de l'environ , de l'approximatif, du presque. Je n'aime pas tellement cette sensation là, cette impression que certaines relations deviennent des habitudes, juste des habitudes et perdent en plaisir et en spontanéité et peut-être même en amour. Néanmoins, je pense que c'est une passade et comme toutes les passades, il faut patienter, ne pas s'engluer et reviendront d'autres moments, d'autres sensations.
Pour l'instant je ne peux rien faire de plus
Il faut que je me mette ça dans le crâne
Bref...
J'ai le moral tout au fond de mes chaussettes
Je ne sais plus si ce que je fais est bien
Si ce que je vais faire sera bon
Une enclume me tire vers le bas
Rester debout, rester debout
J'ai le moral au fond, tout au fond de mes chaussettes...