Marre.Ce soir j'en ai marre. Voilà , c'est dit.
Une vie tracée. Le chemin vous sera indiqué par des flèches bleues, il n'y a qu'à les suivre et vous arriverez à destination sans encombre, la société vous le garantie .
Et si je veux m'encombrer ? Mettre dans mes sacs tous ces sentiments refoulés, tous ces cris qui ne demandent qu'à exploser à la face d'un monde indifférent, et les semer, ici où là , sur le chemin de mes pérégrinations.
Effacer les routes, les chemins.
Cheminer au hasard. Couper à travers champs et ne plus suivre seulement ceux qui suivent les flèches mais croiser des impromptus au détour d'un coquelicot, ceux qui ne me ressemblent pas, et m'enrichir de leur essence, m'enivrer de leur parfum de liberté exhalé à tous vents.Ne plus me laisser balloter par les courants de pensée, mouvants sans émouvoir. Bercé. Endormi. Léthargique.
Je veux voir, je veux connaître, je veux rencontrer, et plus que tout je veux comprendre. Me laisser guider par mes instincts camouflés. L'âme s'élève quand la raison sombre. La raison s'élève au profit des âmes sombres. La raison se dresse. La raison s'éduque, elle, et s'érige en grande victorieuse.Je connais les règles du jeu. Mais ici on ne joue pas monsieur ! Pas de temps. Les pas de la raison. Toujours elle, maudite. Mal dite.
A quoi bon toutes ces simagrées, toutes ces âmes détrônées qui errent en des lieux délaissés ?
Mais tu es là . Et ces questions n'ont plus de sens…
C'est mon âme qui me l'a chuchoté ce sombre soir, loué, qui nous a vus naître enfin.