Cela fait plusieurs jours maintenant que je suis d'assez près l'affaire du petit Enis et du pédophile récidiviste Francis Evrard (difficile de faire autrement me direz-vous, vu qu'on n'entend parler que de ça à chaque flash d'informations). Jusque là je n'avais pas réagi outre mesure, bien que ce crime horrible me touchât énormément.
Mais depuis l'annonce de ce viol, on tombe de Charybde en Scylla, à mesure que les détails les plus sordides parviennent jusqu'à nos oreilles pourtant rompues à l'horreur quotidienne, que le JT de TF1 semble prendre un malin plaisir à égrener chaque soir. Après l'annonce hallucinante faite par les enquêteurs, du fait que le criminel âgé de 61 ans était en possession de viagra (dûment prescrit par un médecin de la maison d'arrêt de Caen !!!!!), on a appris qu'il a reconnu avoir "connu" (selon sa propre expression) une quarantaine d'enfants ; c'est ce qu'on apprend dans le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France de ce jour (ce qui serait loin d'être confirmé...).
On s'arrêtera-t-on ? Je vous le demande...
Cette affaire met en à nouveau en lumière nombre de dysfonctionnements de la justice et de l'administration pénitentiaire françaises, principalement dus à un manque flagrant de moyen, mais aussi à un manque de communication qu'on a peine à accepter tellement cela semble incroyable :
* Francis Evrard aurait dû être suivi à sa sortie de prison le 2 juillet. Il ne l'a pas été : manque de moyen...
* Et comment le médecin de la prison n'était pas au courant des pulsions pédophiles et n'a pas eu accès au dossier de cet homme déjà condamné 3 fois en 1975, 1985 et 1989 (la dernière fois condamné à 27 ans de réclusion criminelle pour viols sur mineurs : il n'aurait dû sortir qu'en 2016...), et incarcéré à Caen, où 75% des détenus sont des criminels sexuels (je n'aime pas le terme de déliquants, comme si violer un garçon de 5 ans n'était qu'un simple acte de délinquance !!).
* Pourquoi la Direction de l'établissement pénitentiaire, avertie par des surveillants, de propos sans ambiguïté du détenu qui " souhaitait se rendre dans des pays où ce serait facile d'avoir des enfants "...?
Et quelles conséquences pour cette affaire : notre superprésident Sarko 1er fait semblant (pour les médias), de s'intéresser à l'affaire, il reçoit le père du pauvre enfant pour la forme, et propose deux trois mesurettes inapplicables, histoire de dire que le schmilblick avance. Mais à quoi bon de nouvelles lois quand on sait que celles qui existent ne sont pas appliquées faute de moyen... c'est se foutre de la gueule du monde (excusez-moi l'expression).
Alors, une fois n'est pas coutume, je vais approuver les propos de Marie-George Buffet et de Jean-Marie Le Pen (oui oui, les deux en même temps : c'est pas commun, je sais). Le PCF, comme beaucoup d'autres formations politiques, estime que les mesures annoncées s'apparentent à un effet d'annonce. Le président du FN, dont la dithyrambe à l'égard du nouveau Président n'avait d'égale que sa critique vis à vis de l'ancien, a dénoncé un multiscandale ; selon lui, et je suis assez d'accord avec ces propos, "il est dérisoire de vouloir légiférer sous le coup de l'émotion, quelques jours après la publication de la dernière loi sur le sujet...".
Là où je suis un peu moins d'accord, c'est notamment avec Mme Lebranchu. L'ancienne garde des Sceaux dénonce la trop grande sévérité à l'égard des pédophiles... Comme je l'ai lu justement dans les commentaires de plusieurs blogs dernièrement, il ne faudrait pas non plus oublier, comme il semble que c'est le cas parfois, que la victime est avant tout l'enfant...et pas le pédophile, bien que la détresse de ce dernier puisse dans certains cas être très grande.