"Sarkozy, la stratégie de l'émotion
Depuis 2002, le Président est à l'origine de neuf lois sur la délinquance. Une frénésie sans effets qui rassure l'opinion." Ainsi libération.fr titre-t-il son article du jour. Si je le reprends, c'est parce que justement hier soir, je réfléchissais à la politique de Nicolas Sarkozy depuis son élection. On parlait hier, sur le figaro.fr cette fois, de sa côte de popularité en baisse. Pourquoi ? Outre que l'engouement pour la nouveauté s'estompe, il reste les actes.
Il m'est apparu que l'homme a un don pour communiquer. Sans doute est-ce pour cela qu'il a choisi le barreau pour s'exprimer. Aujourd'hui, j'ai bien peur qu'il ne continue de plaider devant un tribunal dont le peuple serait le jury et le gouvernement l'exécutif. Or, les belles paroles ne suffisent pas à cacher l'essentiel :
Qu'en est-il de la lutte pour restaurer le pouvoir d'achat alors que la rentrée scolaire coûte encore plus chère chaque année ? Pourquoi nos cris sur cette injustice ne sont-ils pas entendus ? Pourquoi les salaires continuent d'augmenter un minimum quand l'immobilier et la consommation continuent d'augmenter ses marges à outrance ?
quand cessera-t-on de nous conduire à la ruine, à creuser ce fossé entre riches et pauvres (ou futurs pauvres) ?
On dirait que l'ombre du krack boursier que nous venons de traverser ne réveille personne. J'écoutais hier soir l'émission "C dans l'air" à ce sujet. Les intéressés minimisent, font la sourde oreille. Or, la réalité est là : plus l'on presse les petites gens, plus on les plumera, plus on les jettera du marché du travail et plus les gros, les financiers rejoindront leur rang !
Je trouve absolument révoltant qu'on jette autant de gens à la rue aux Etats-Unis parce qu'ils ne peuvent plus payer leur maison. A qui profite le crime ? Faut-il être vautours, mesquins, petits pour se jeter comme des rapaces sur des maisons dont la valeur a chuté sous le nez de leurs habitants.
Je le dis ici, haut et fort : il ne s'agit pas de faire des crédits de plus en plus longs pour obtenir vite ce qu'on obtenait par le passé après des années d'économie et de travail. Il s'agit bien d'acheter selon ses moyens. et je ne parle pas des crédits à la consommation qui sont le reflet même de gens sans aucune rigueur, incapables de retenir leurs appétits et de patienter.
Je désapprouve les crédits sur 30 ou 50 ans comme on voudrait nous les proposer. on sait qu'aujourd'hui, les couples ne durent pas, que la misère touche les familles monoparentales. On peut savoir déjà que ces crédits nous conduiront à ce qui se passe aux Etats-Unis.
Si les entreprises, les banquiers, les industriels ne comprennent pas que leur fortune dépend directement des petites gens et s'ils n'agissent pas en conséquence en leur offrant un emploi et de réels moyens de promotion sociale, c'est leur propre fortune qu'ils condamnent à plus ou moins long terme.
Que cela soit dit.
(photo : reuters)