Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
Mahmed Abderrahmen, le patron du Franprix de Saint-Denis placé sous protection policière après avoir été agressé plusieurs fois depuis deux mois dans le quartier du Franc-Moisin, affirme avoir été menacé par un motard armé hier vers 8 h 30 dans le Val-de-Marne. Selon ses déclarations, il aurait été suivi par deux hommes à moto alors qu'il se rendait de son domicile jusqu'au marché de Rungis pour y faire ses achats. A un feu rouge, le passager aurait brandi une arme de poing.
Le commerçant n'aurait pas été blessé mais se serait réfugié, après avoir roulé comme un fou , dans une caserne de pompiers. Ces derniers l'ont conduit en état de choc dans un hôpital proche, où il se trouvait encore hier soir, toujours sous protection policière.
La sûreté départementale du 93 a été saisie d'une enquête afin de vérifier ses déclarations et de retrouver des témoins, mais n'a pas pu l'interroger hier. On ne peut pas remettre en cause les agressions dont il a été victime, dit un enquêteur, mais on ne comprend pas bien pourquoi il prévient les médias avant la police. L'intéressé, joint hier après-midi, répond faire plus confiance aux médias qu'à la police pour faire bouger les choses . (A-t-il vraiment tortsur ce point?)
Le comportement de Mahmed Abderrahmen suscite aussi des interrogations chez certains élus. La municipalité de Saint-Denis appelle à manifester contre la violence au Franc-Moisin le 4 septembre prochain, mais quelques-uns de ses membres avouent avoir des doutes. On ne peut pas remettre en cause les agressions dont il a été victime - le quartier en connaît -, mais le personnage est difficile à cerner , confie un élu. Je suis complètement perdu , plaide le commerçant.
La direction nationale de Franprix n'a pas encore réagi, mais un franchisé dit être surpris par l'ampleur prise par cette affaire . On peut s'interroger sur l'incroyable acharnement dont il est victime, ajoute un policier. Il possède ou a possédé d'autres magasins, notamment dans le Val-de-Marne et en Seine-et-Marne, où il a connu des faits de violence similaires. En février 2005, sa supérette de Dammarie-les-Lys a été dévalisée par une bande encagoulée. Et à l'époque, il tenait déjà les mêmes propos dans la presse. C'est normal quand on ne se laisse pas faire, quand on est propriétaire d'un magasin , rétorque-t-il.
Il était toujours très suspicieux, voire agressif, avec les jeunes qui entraient dans le magasin , témoigne un ancien client de son magasin de Vitry. Ce qui lui arrive n'est pas surprenant , assure un boulanger de cette même ville, qui évoque un beau parleur, qui a un talent fou pour la mise en scène et la comédie . A Rungis, un de ses fournisseurs dénonce également un mauvais payeur . Le commerçant réfute toutes ces accusations. Je n'ai jamais eu de problème avant de venir m'installer à Saint-Denis.
Source: Le Parisien
Photo: Mahmed Abderrahmen dans son magasin
On se souvient des commerçants français "de souche" qui ont été tués dans leur magasin par des racailles... A l'époque, on essayait d'étouffer au maximum ces crimes, de ne pas leur faire de publicité... Mais il s'agit maintenant de commerçants issus de l'immigration et on s'inquiète davantage en haut lieu. Quoiqu'ils ne doivent pas trop crier au loup, car cela finit par faire vraiment mauvais effet...