L'idée du vide, de la vacuité, de la vacance, du Rien même, on peut dire, a décidément dominé ces trois derniers jours. Les commentaires de la note précédente m'amènent à vous signaler ce que Enrique Vila-Matas rapporte, dans son livre Le Voyageur le plus Lent (éd. Christian Bourgois), sur un écrivain qui m'est cher : Lichtenberg, l'auteur des immortels Aphorismes - dont j'avais l'intention de parler un jour ou l'autre, de toute façon.
"C'est de son sens de l'humour que témoigne sa rencontre avec Volta (l'inventeur de la pile et l'homme à qui l'on doit le mot "voltage") à qui Lichtenberg, las d'avoir passé tout l'après-midi à faire des expériences scientifiques avec lui, posa une question qui annonçait la dernière expérience de la journée. Il lui demanda s'il connaissait la manière la plus simple d'éliminer l'air d'un verre sans utiliser une machine à faire le vide. "Non", répondit Volta. Lichtenberg emplit alors un verre de vin et répéta l'expérience jusqu'au petit matin". (EVM, Le Voyageur le plus Lent, pp 168-169).
Vous voyez qu'on n'a pas quitté le vide ambiant mais trouvé une manière beaucoup plus sympathique de le neutraliser. Cela dit, le livre de Vila-Matas n'est pas vraiment passionnant. C'est un recueil d'articles plaisants, certes, mais rien de substantiel, pas de quoi se relever la nuit.

Quant à Georg Christoph Lichtenberg, physicien allemand très sérieux par ailleurs, il mériterait d'être honoré quand bien même il n'aurait produit que cette seule invention, le couteau sans lame auquel il manque le manche. Mais il en a fait bien d'autres. Ce sera l'objet d'une autre note : étant donné la pauvreté de mon imagination actuellement, je l'économise.
Fuligineuse
image Wikipedia