Dernière minute, VG m'invite à diner. Je n'étais partie, à la base, que pour lui rendre son double de clés. Tout ce qui suit, après la toute première impression de surprise, n'est que platitude, déception, ennui.
VG n'a pas perdu tout son charisme, non. Il lui reste ses deux grands yeux noirs et ses divines faussettes, sa carrure élégante et son style vestimentaire. Accordons lui également quelques baratins de journaliste "branché". Tout ce qui entourait tout cela ne me revient pourtant pas. Rien. L'aisance a disparu, ses mots sont insipides, sa respiration arythmique, ses gestes comme précipités. Son "ça me fait vraiment quelquechose de te revoir..." me dégoute passablement.
Le sentiment dans le taxi du retour est partagé entre nausée, et douce satisfaction d'avoir gagné. Gagné quoi, me direz vous?...Peu importe, finalement.
En réfléchissant un peu plus tard, allongée par terre, entre le lit et le mur, j'ai ce souffle chaud au coin de mon épaule. Une force incroyable me revient aussitôt à l'intérieur du ventre. J'ai comme grandi un peu. Mon instabilité me rendrait presque plus sage, et ainsi presque l'avènement d'une solitude de plus en plus bénéfique. Dans la salle de bain je me recoiffe pour de faux, souriant à mon propre reflet, entre immense tristesse et sérénité. Difficile d'expliquer cet état second, paradoxal en tout point.
J'oscille entre crise de larmes et fou rire, sans jamais finalement, que l'un des deux n'arrive vraiment. Cette semaine a définitivement changé de teinte, et moi aussi.
Le plus rassurant reste qu'aucun facteur extérieur ne soit mêlé à tout ça. Aucune fausse stimulation externe, aucun ressenti créé de toute pièce. C'est bien de moi dont il s'agit. Et uniquement. Sans même que cela ne m'effraie.
Je me suis un peu retrouvée, et ceci, presque sans douleur. Cela faisait longtemps.