Sept heures : pieds qui trainent dans le sombre corridor
Un bobine blafarde m'envisage dans le miroir
L'eau tiède de la douche, infos dans le transistor
Sept heures six, ruisselante, je revêts mon peignoir
Sept heures sept : mon teint pâle et mes rides marquées
Me rappellent la lente érosion du temps qui passe
Crèmes anti-âge en gestes savamment posées
Me donnent l'illusion d'un savant tour de passe-passe
Sept heures huit : le make-up dans le creux de la main
Je le préchauffe, le travaille pour mieux l'étaler
Je me poudre, me farde les joues, gestes féminins
Inlassablement répétés, améliorés
Sept heures douze : l'eye-liner qui habille la paupière
Le khôl qui glisse dans l'oeil, mystifiant le regard
Je commence à m'apprécier en quadragénaire
Et le rimmel termine ma mutation en star
Sept heures dix-sept : le crayon redessine ma bouche
Framboise, caramel, prune, abricot ou cerise
Couleurs fruitées et gourmandes en petite touches
Appliquées au pinceau, le gloss termine la mise
Sept heures dix-neuf : je tiens en main le sèche-cheveux
La brosse ronde dans l'autre, d'elles-mêmes les mèches se placent
Au gré du souffle chaud, j'en fais ce que je veux
Le gel aplatira cet épi qui menace
Sept heures vingt-quatre : je mets une jolie bague au doigt
Montre au poignet, puis quelques gouttes de Mitzouko
Je me mire et suis ravie de ce que je vois
Je suis efficace en vingt-quatre minutes chrono !!!
© 2006 Plum'