Alors que Michel Rocard décide de participer à une des nombreuses commissions du président et que Jacques Attali vient de former celle sur la libération (sic) de la croissance , les universités d'été du PS montre l'état de délabrement avancé du parti qui est sensé représenter l'opposition.Le premier symptôme de ce délabrement est une incapacité chronique à se rassembler. Les universités d'été, où tant de leaders ont décidé de ne pas se rendre, en sont la première victime. DSK, Aubry, Jospin, Fabius, Mélenchon ont décidé de faire l'impasse sur cette réunion pourtant habituelle. A ceux-là, il faut ajouter tous ceux qui ont été recruté par Nicolas Sarkozy, et résultat, largement plus de la moitié des ténors du PS seront absents? Le fait que tant de leaders socialistes aient cédé au débauchage du président montre bien à quel point les ténors du parti n'ont même plus envie de faire un bout de chemin ensemble. Pire, deux des trois ténors de ces universités sont Ségolène Royal et François Hollande, ce qui ne va pas favoriser le rassemblement?
Le deuxième symptôme est une incapacité chronique à tirer les leçons du passé. Ce symptôme n'est pas nouveau. Il date de 2002 quand Lionel Jospin a décrété que la responsabilité de son échec venait de la multiplicité des candidatures à gauche. C'est tellement plus pratique d'accuser les autres plutôt que de reconnaître qu'il avait été le premier ministre symbole de l'impuissance du politique, impuissance face à la violence et impuissance face aux aléas économiques. Le problème est que cette culture de l'irresponsabilité s'est répandue pour atteindre Ségolène Royal, dont l'autocritique reste bien limitée par rapport aux raisons qu'elle avance pour sa défaite (média, PS, séparation?). Enfin, François Hollande atteint des sommets en se maintenant contre vents et marées malgré les défaites électorales, refusant tout changement avant les prochaines échéances électorales.
Le troisième symptôme, encore plus inquiétant pour l'avenir, est une incapacité à penser un nouveau projet. Le parti socialiste est honteusement devenu social-démocrate en 1983, sans vraiment l'admettre, ce qui le pousse à des gesticulations gauchistes pour compenser une soumission au libéralisme ambiant parfois incroyable (BCE, acceptation de la privatisation des services publics). Ségolène Royal a ébauché une tentative de rénovation intellectuelle dont quelques idées étaient intéressantes (ordre juste, valeur travail) mais elle semble bien trop brouillonne pour pouvoir la diriger. Quand aux jeunes, à part vouloir remplacer les éléphants, il est difficile de comprendre quelles sont leurs convictions, tant ils préfèrent le jeu de massacre au vrai débat d'idées et à la construction idéologique d'un nouveau parti socialiste.
Le PS est tellement sinistré qu'il devient hautement dommageable pour la France qu'il représente l'opposition au pouvoir en place : le vide ne peut pas s'opposer. Puissent de nouvelles oppositions solides se former, une opposition sociale-démocrate-chrétienne, une opposition de gauche et surtout, une véritable opposition gaulliste.
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-950041@51-910156,0.html