
La visite était attendue depuis longtemps. Premier voyage d'un haut responsable gouvernemental français depuis l'intervention américaine, en 2003, la venue de Bernard KOUCHNER a été interprétée comme un signal fort envoyé par la France à l'Irak.
Arrivé dimanche et reçu ce lundi par le Président Djalal TALABANI, le Ministre français des Affaires Étrangères a également rencontré de hauts responsables irakiens. Il a d'ailleurs souhaité que les différentes communautés irakiennes soient entièrement associées à la communauté internationale dans la lutte contre la violence.
Mais l'hôte du Quai d'Orsay était aussi là pour rappeler la position de la France : une position très critiquée à ses débuts, mais dont on reconnaît aujourd'hui toute la sagesse. Le chef de la diplomatie française a bien évidemment réaffirmé l'indépendance de la France vis-Ã -vis des Etats-Unis, mais a tenu à souligner que cette indépendance ne justifiait et ne signifiait en rien un quelconque désintéressement français concernant le conflit irakien.
 Il fallait être là , a affirmé Bernard KOUCHNER, témoignant de la qualité de l'accueil qui lui avait été réservé. Il a en outre ajouté que les Irakiens attendent quelque chose de la France et que, de toute évidence, les Américains ne pourront pas sortir ce pays de la difficulté tous seuls .
 Nous nous rendons mal compte, vu de loin, de ce qui va se passer ici , a également estimé le Ministre des Affaires Étrangères. Avant, il y avait une attitude qui consistait à dire: "circulez, il n'y a rien à voir". C'est tellement compliqué, c'est tellement fichu d'avance qu'il ne faut plus s'en occuper. Eh bien, ce n'est pas l'attitude de la France .
Cette nouvelle donne française en Irak témoigne de la volonté de Nicolas SARKOZY et du Gouvernement de tourner la page sur la crise de 2003 et de montrer la totale détermination de la France pour analyser toutes les composantes de la société irakienne , en vue de comprendre et présenter éventuellement une participation .
Cette vision, naturellement et immédiatement attaquée par les socialistes, n'a fait que confirmer l'idée que la gauche se fait de la politique, et dont la devise ne jamais rien faire, pour être sûr de ne froisser personne semble toujours d'actualité.
Premier à critiquer le voyage de Bernard KOUCHNER en Irak, le qualifiant d'Â inopportun , Jean-Pierre CHEVÈNEMENT n'a pas tardé à recevoir un sévère retour de boomerang. Nous nous sommes distingués très clairement de la politique américaine et nous n'avons pas été partisans de l'intervention américaine , lui a répondu le Ministre des Affaires Étrangères. Et Bernard KOUCHNER de conclure : Jean-Pierre CHEVÈNEMENT a été l'un des soutiens les plus affichés au dictateur sanglant Saddam HUSSEIN, alors ! .
Jeunes Populaires 15 - Louis BAPTISTE