Autrefois, il y a très, très longtemps, à des années lumières de l'ex-couple Hollande-Royal..., le Parti Socialiste c'était, par exemple, Jaurès. On aimait ou on n'aimait pas, on adhérait à ses envolées lyriques ou -comme Maurras et l'Action Française- on y voyait dans le meilleur des cas des illusions, peut-être généreuses mais fort optimistes, et annonciatrices de réveils douloureux...; cependant, il faut bien reconnaître qu'il y avait malgré tout du souffle, de l'épaisseur, chez le personnage; il y avait "quelque chose" qui faisait que l'on respectait un véritable engagement politique, même si on ne le partageait pas. On pouvait apprécier ses moments d'honnêteté lucide -comme quand il reconnaissait "le charme séculaire de la Monarchie", tordant ainsi le cou aux mensonges d'une certaine gauche qui prétendait que les masses laborieuses gémissaient sous les tyrans!...-; on pouvait être frappé aussi de son engagement chrétien et catholique jamais renié: c'est une chose que beaucoup ignorent: mais dans une gauche où, à l'époque, l'anti catholicisme frisait souvent l'hystérie, et où l'on "bouffait du curé"comme aujourd'hui on défend la forêt amazonienne, il n'a jamais cessé de "pratiquer" (baptême des enfants etc...), ce qui lui conférait malgré tout une certaine originalité dans ce milieu politique; bref, la personne de Jaurès, restait au dessus et à l'abri de toutes critiques personnelles stricto sensu...
Les choses ont bien changé aujourd'hui au PS: les mondanités ont remplacé les envolées lyriques, "l'épaisseur" des dirigeants a fondu comme neige au soleil, et l'élévation des idéaux a laissé la place à de désolantes ou ridicules histoires personnelles, dont la banalité et la médiocrité rappellent certains mauvais feuilletons venus des Etats-Unis...Juste avant la campagne électorale, Laurent Fabius avait déjà épinglé Ségolène Royal en ces termes, peu amènes on en conviendra: "Il vaut mieux dire: "Voici mon programme!" que "Mon programme c'est "Voici"!" (ambiance...). Puis il y eut la parution du livre "La femme fatale", consacré à Ségolène. On rasait les pâquerettes, on mettait le cap droit sur le caniveau...
Voici maintenant que "son ex" (comme on dit parfois aujourd'hui, avec une grande vulgarité....) s'affiche sur une plage avec sa nouvelle conquête; mais, on se demande bien pourquoi, il attaque un journal mondain ("Closer" pour ne pas le nommer), et lui fait infliger une amende de 15.000 euros par la justice, à défaut d'obtenir le retrait de la vente de ce magazine; motif?: "atteinte à la vie privée", pour avoir publié des photos de lui, et d'elle, sur une plage publique marocaine!; l'argument est en soi recevable, mais on ne voit pas trop où François Hollande veut en venir: il veut être respecté? par les journalistes de Closer, comme hier son ex-compagne par les auteures de "La Femme Fatale"? et ils vont tour à tour devant les tribunaux: mais pour être respectés, la première des choses à faire pour les hommes politiques est -tout simplement- d'être respectables; de ne pas avoir les comportement stéréotypés de "monsieur-tout-le-monde"; d'être, au moins un peu, ne serait-ce qu'un tout petit peu, au-dessus de ce qui se fait partout: si on prétend avoir des salaires, des conditions d'existence et un environnement "exceptionnel", c'est aussi parce que l'on est aussi soi même -ou du moins que l'on essaye de l'être...- un peu exceptionnel; sinon, si l'on est en tous point semblable aux autres, au "vulgum pecus" (qui est ce qu'il est, mais qui, lui au moins, ne demande pas à "être à la tête de..."), quelle justification y a-t-il à cette débauche d'avantages en tous genre dont jouit la classe politique en général, l'ex couple Hollande en particulier?
Et pourquoi aller devant les tribunaux? en espérant y trouver une respectabilité? Mais celle-ci ne se décrète pas, et pas par un Tribunal: elle vient des personnes elles-mêmes, et de leurs attitudes...Quand on n'a pas un comportement irréprochable et exemplaire, quand on est coincé entre ses actes (ordinaires...) et ses exigences (extra-ordinaires...), pourquoi se plaindre d'être traité sans trop d'égards et de révérence, comme tout le monde, puisqu'on est dans la pratique comme tout le monde? Et il faudrait qu'en plus l'ex couple se drape dans les plis de la vertu outragée, lui qui donne un exemple de vie privée somme toute assez conforme à la désolante médiocrité qui s'étale un peu partout? On est bien loin de Jean Jaurès! L'ex couple Royal-Hollande ferait mieux de commencer par le commencement: se tenir mieux et renvoyer une meilleure image de lui; le reste, c'est à dire le respect que l'on va demander aux tribunaux, ne viendrait-il pas alors tout seul, tout naturellement?.....