Ce matin, réveil un peu difficile et pas moyen de trop flemmarder?réunion à 9 h 00 tapantes à l'agence ! La soirée a été, il faut bien l'avouer un peu fatiguante...mais tordante !
Petit tour sur la blogosphère? mais tout petit tour mon micro plante toutes les 15 secondes (serais-je surveillée par le grand manitou " faut finir ton taf "?).
Je m'arrête un peu plus longuement chez mon ami La Fée et je lis son post du jour.
Et je m'interroge subitement, j'ai perdu mon père il y 12 ans. Je ne me souviens pas de tristesse ou de peine?juste de beaucoup de soulagement, pour lui et moi.
Je me revois?chaque soir, pendant presque 6 mois, à l'hôpital. Sur son lit il n'est plus que que l'ombre de lui même. Il a perdu de sa superbe. Livide, émacié, maigre. Je me souviens de son sourire, de son regard qui s'éclairait quand je pénétrais dans la chambre. J?étais le rayon de soleil de sa journée, semble-t-il?pauvre soleil?Soudainement j'étais devenue quelqu'un, une personne pour de vrai.
Nous avons passé 6 mois à parler, lui surtout. Il a tenté de m'expliquer pourquoi?de mettre un peu d'ordre dans sa vie?de chercher mon pardon ?
Ces visites étaient terribles à vivre. Je sortais à chaque fois exsangue, le coeur au bord des lèvres, l'envie de me mettre à hurler comme une bête. A l'époque, je ne vivais pas encore avec Léo, mais nous étions déjà très proches. Je l'appelais chaque soir pour lui raconter mes conversations?Léo m?écoutait et ne posait pas de question.
Un matin de novembre, ciel sans un nuage?lumière d'hiver rasante. Un appel " Madame, désolé, votre père est décédé?il s'est endormi dans son sommeil ". J'ai pensé : enfin le calvaire est terminé, le sien, ses souffrances, mais le mien également.
Je me revois comme hier?j'ai appelé ma mère, ma soeur, J mon mari. Et puis la routine?récuperer la famille en pleurs, puis l'hôpital, les papiers, la morgue et puis plus rien? mon père avait donné son corps à la science?Vrai souci de ne pas nous imposer un enterrement ou ultime pirouette de sa part pour nous signifier la piètre opinion qu'il pouvait avoir de nous ?
Je revois ma mère, ma soeur en pleurs?moi le coeur et les yeux secs.
De ces conversations avant une mort annoncée, que j'ai eues avec mon père, j'ai su (enfin je le crois) tirer le meilleur?je suis devenue plus forte, moins fragile?plus désabusée aussi.
Je pense pouvoir dire aujourd'hui que je lui ai pardonné?mais pas que je l'aime et qu'il me manque.
Suis-je un monstre ?