Et si c'était elle ? Elle qui me réconciliait avec la droite ? Depuis que Nicolas Sarkozy a pris la tête de l'UMP, je suis poussé à gauche, à cause de son arrogance, de son étalage ostentatoire de richesses, de son inaction compensée par des pirouettes médiatiques...
Mais, si elle, enfin, faisait quelque chose pour l'enseignement supérieur ?
Déjà, j'avais salué son intention d'attribuer des bourses au mérite pour des étudiants insuffisamment pauvres pour toucher quelque chose du CROUS, mais insuffisamment riches pour être dispensé de devoir bosser (Mince, je plagie une phrase de M. Sarkozy !).
En réfléchissant, je suis assez proche de la droite en matière d'éducation nationale. Je ne crois pas en effet qu'il faille saupoudrer sans cesse les établissements scolaires. Il faut payer plus les profs qui se bougent. Ségolène Royal avait bien raison sur les profs qui n'étaient jamais assez au lycée mais qui avaient toujours assez de temps pour faire des heures au black à côté... Mais ça lui a en partie coûté l'élection... L'an dernier, j'avais organisé une séance de méthodologie, cela m'a pris trois heures, et je n'étais pas payé, et je n'en suis pas mort ! (Ah, c'est sûr que dans le privé, dans des boîtes à .... style Acadomia, je me serai fait quelques ronds).
Pour revenir à Mme Pécresse: comme tous les français, je pratique parfois la politique du porte-monnaie. Et que vois-je ? Une augmentation en vue ! Bravo Mme Pécresse, parce que faire une thèse et être moins bien payé qu'un jeune qui a fait beaucoup moins d'études, c'est vraiment l'exception française.
Mais ne croyez pas que je me réjouis rien que pour cela. Je me réjouis car, hier, j'ai reçu mon avis d'imposition. Pour la première fois, je vais payer l'impôt sur le revenu, presque 1000 euros. Comme promis, je vous en parle. Et bien j'en ressens une certaine fierté, car les années où mes parents ne le payaient pas, me rappellent des souvenirs pénibles (plus de sorties en famille, etc). Un de mes proches (tout proche lol) me dit, d'une manière très libérale: "mais quand même, tu payes pour tous ces c... !" Et bien non, et cela vaut pour tous ceux comme moi qui sont payés par l'argent public: quand on paye ses impôts, on se paye en partie soi-même ! C'est déroutant de simplicité, mais quand j'entends tous ces fonctionnaires et agents publics qui râlent à ce sujet, je les trouve, non seulement gonflés, mais un peu bêtes...