Le 25 août, deux explosions dans des quartiers très fréquentés de la capitale de l'Andhra Pradesh ont fait une quarantaine de morts et plus de 60 blessés. Témoignages dans une ville meurtrie.A Hyderabad, le 26 août
AFP
Un fils fêtant son entrée en fac de médecine, un grand-père s'arrêtant pour manger un morceau après sa promenade, deux adolescentes qui avaient réussi à traîner leur mère pour manger des snacks. La liste des victimes montre bien à quel point les attentats à la bombe commis le 25 août au soir dans un fast-food et un parc d'attractions ont fait voler en éclats de pittoresques scènes de famille, au moment même où la classe moyenne d'Hyderabad [la capitale de l'Etat d'Andhra Pradesh, dans le sud du pays] était sortie se détendre. Dimanche, beaucoup avaient peur de sortir de chez eux. Depuis le 25 au soir, la police a effectivement retrouvé 19 autres engins explosifs à des arrêts de bus, dans des cinémas, à des carrefours routiers, sur des ponts piétonniers et près d'une fontaine publique : autant d'endroits très fréquentés tous les jours.
Les bombes étaient placées dans des sacs en plastique pour la plupart noirs : le sac noir est donc devenu le nouvel emblème de la terreur. "Nous sommes confrontés à un nouveau terrorisme, avec ces bombes munies de minuteurs, placées dans des sacs plastique et disséminées dans toute la ville", estime Ganshyam Singh Radhwa, marchand de tissus, dont le frère fait partie des 32 morts du restaurant Gokul Chat Bhandar. "Ma famille a peur de me laisser sortir", raconte Vivek Hirooni, un de ces professionnels des nouvelles technologies qui viennent en masse passer leur week-end dans la ville. "J'aurais mieux fait de rester tranquille à Bangalore et de passer la soirée dans un pub." Mais samedi encore, avant les explosions, tout était bien différent.
La plupart des victimes ont été tuées par les billes de métal introduites dans les bombes, estiment les experts médico-légaux et les médecins : les billes ont volé "comme des balles" après chaque déflagration. Dimanche dernier, la panique avait quasiment vidé les centres commerciaux des quartiers chics. Les projections matinales se sont déroulées devant de rares spectateurs dans les quelque 200 cinémas, où les séances nocturnes ont par ailleurs été interdites. Mais les lieux les plus touchés sont les parcs d'attractions. Plus de 3 200 mariages (et de très nombreuses pendaisons de crémaillère et inaugurations de sociétés) étaient organisés le 25 août, qui correspondait apparemment à l'anniversaire de mariage de Balaji [l'un des avatars du dieu hindou Vishnou]. A présent, la police demande à tous les organisateurs de noces de fouiller leurs invités. Les forces de l'ordre planchent également sur des mesures de sécurité spéciales pour les pôles de nouvelles technologies, avec vigiles en armes et postes de contrôle. "C'est incontestable : nos employés ne sont plus en sécurité dans la rue ou dans les restaurants autour de nos complexes", estime un haut responsable local de Microsoft.
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