Dans une étude, 60 millions de consommateurs évalue la hausse du pouvoir d'achat des ménages à seulement 0,8% sur les 12 derniers mois. A la différence de l'Insee qui parle de 3,2% de progression, cette étude prend en compte les achats de logements.24 euros de plus dans le porte-monnaie. C'est en moyenne la progression du pouvoir d'achat des ménages français de juin 2006 à juin 2007, selon une étude de 60 millions de consommateurs, le mensuel de l'Institut national de la consommation (INC). Soit 0,8% d'augmentation une fois déduites les dépenses sous contraintes (carburant, téléphone, etc.). C'est peu. Un an auparavant et sur la même période, le pouvoir d'achat des ménages n'avait progressé que de 0,9%, toujours selon l'INC.
Ces chiffres contrastent avec ceux, plus optimistes, de l'Insee. Pour 2007, l'Institut national de la statistique table sur une accélération du pouvoir d'achat de 3,2%, après 2,4% en 2006. l'Institut national de la statistique explique ses bonnes prévisions par une amélioration des revenus salariaux, les baisses d'impôts promises et une baisse de l'inflation. Dans son calcul du pouvoir d'achat, il pondère autrement l'énergie et le loyer. Surtout il n'y intègre pas les achats de logements, qu'il considère comme un investissement.
Pourtant, l'achat d'un logement n'est pas un investissement mais bien un acte de consommation, qui permet à un ménage de vivre , objecte Lionel Maugain, un des auteurs de l'étude de l'INC. L'an dernier, 60 millions de consommateurs avait déjà invité l'Insee à réviser son mode de calcul du pouvoir d'achat, afin de prendre en compte les nouveaux modes de consommation comme l'internet et le téléphone mobile. De son côté, le Bureau d'informations et de prévisions économiques (Bipe) avait également émis des critiques sur le calcul de l'Insee. Il prévoyait une hausse du pouvoir d'achat de seulement 0,5% en 2006 et 0,6% en 2007.
Pour obtenir le chiffre de 0,8%, l'INC a comparé le revenu mensuel brut moyen des ménages d'une année à l'autre et en a soustrait les différentes hausses de prix : loyers, remboursements de logements, produits alimentaires, honoraires des médecins, etc. En juin 2007, ce revenu a atteint 3093 euros, soit 65 de plus qu'en juin 2006. Mais sur ces 65 euros, 41 ont été alloués à des hausses de prix, laissant 24 euros d'augmentation réelle mensuelle. Ce chiffre traduit mieux le ressenti des ménages , estime Lionel Maugain.
L'augmentation des loyers a enlevé en moyenne près de 6 euros aux ménages par rapport à juin 2006. Celle liée à un achat immobilier 5 euros, sans compter l'entretien et la réparation du logement (+1,40 euro). Autre gouffre financier, la voiture, dont l'inflation des dépenses de réparation et d'entretien a grevé le budget des ménages de 7 euros par mois. Le poste santé est lui menacé par les hausses des assurances, celles des honoraires de médecins et les déremboursements de médicaments. Selon la ministre de l'économie Christine Lagarde, Nicolas Sarkozy devrait annoncer des mesures pour répondre aux inquiétudes sur le pouvoir d'achat, lors de l'université d'été du Medef de Jouy-en-Josas, jeudi.
LExpansion.com