294 588 euros, c'est le maigre budget sur lequel le Nouveau Centre pourra s'appuyer pour les cinq ans à venir. A cette somme très modeste on pourra ajouter le produit des adhésions. Soit 80 000 euros pour l'instant. Comment faire vivre un parti avec si peu de moyens ?
Cette fois-ci l'espoir, bien mince, de pouvoir bénéficier du financement public semble définitivement compromis. N'ayant pas réussi à atteindre les 50 candidats aux législatives réunissant un minimum de 1%, et malgré l'argumentation de nos responsables appelant à une interprétation souple des critères en raison de la création récente du parti, le Nouveau Centre sera privé de financement public. Malgré un groupe parlementaire, il ne peut compter selon le Figaro que sur les un peu plus de 1000 euros que l'Assemblée met à la disposition des députés chaque mois.
L'UDF conserve quant à elle un financement à hauteur de 3,5M d'euros (contre 5 sous la législature précédente). Le Parti radical, grâce à son association à l'UMP, recevra 1,5M d'euros (contre 800 000 précédemment).
Alors face à cette situation financière inquiétante, quelles solutions ? Peu à vrai dire. Soit compter sur le ralliement massif des sénateurs UDF qui viendraient eux aussi apporter une contribution du Sénat, tout aussi modeste que celle de l'Assemblée. Soit compter sur un maintien d'une UDF non-modemiste, avec laquelle il serait possible de s'associer. Deux scénarios très peu probables. Ou encore conclure un accord d'association avec l'UMP. S'il se fait aux mêmes conditions que pour le Parti radical et le FRS de Boutin, cela signifiera une adhésion commune, et donc l'absorption du NC par l'UMP. Ce qui n'empêche pas de défendre ses idées cela dit.
Au final, ce sont les alliés de l'UMP qui auront pâti du système mis en place sous la précédente législature pour étrangler l'UDF. En rendant beaucoup plus drastique l'accès au financement public, ce nouveau système aura certes permis de couper l'évasion de l'argent public vers des formations politiques farfelues comme 'Homme-nature-animaux', mais elle aura surtout rendue très difficile l'émergence de nouvelles formations politiques.
Dans un système déjà ultra-majoritaire, est-ce normal que la moitié du financement soit réservé aux formations disposant d'élus à l'Assemblée. Ce qui prive l'UDF d'une partie substantielle de son budget. Est-ce logique qu'un parti ayant un groupe parlementaire n'est droit à aucun financement ? Est-ce normal que le financement d'un parti soit uniquement conditionné par la déclaration de candidature aux législatives ? Si un parti vient à se scinder en cours de mandature, comment justifier que les dissidents, même s'ils ne sont minoritaires que de très peu, n'aient pas accès au financement public ? On a du mal à suivre la logique de ce système...
Ajout 05/09/07 Extrait d'un article du Monde.fr (d'après AFP) :
Pour le Nouveau Centre (20 députés), la situation est toute différente.
Ses candidats ne s'étant pas tous inscrits auprès des préfectures sous la même étiquette, le parti présidé par Hervé Morin n'atteint a priori pas le seuil ouvrant l'accès au financement public (50 candidats ayant obtenu 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions).
Seuls 43 candidats répondent strictement au critère, selon le député de la Marne et trésorier Charles de Courson.
La situation sera tranchée par le ministère de l'Intérieur, qui officialisera les chiffres dans un décret attendu "Ã partir de février 2008", selon la Commission nationale des comptes de campagne et des financements publics.
"La loi sur le financement public présente des inconvénients majeurs, qu'il faut corriger", a estimé mercredi François Sauvadet, chef de file des députés NC.
"Comment un parti qui a un groupe à l'Assemblée pourrait-il ne pas avoir de financement public?", a-t-il demandé.
"On a des discussions qui ne sont pas conclues avec le ministère de l'Intérieur", a ajouté Hervé Morin, lors d'une conférence de presse.
"Les préfectures n'ont été informées par le ministère que dans le milieu de la semaine des inscriptions, que notre parti politique existait", a indiqué le ministre de la Défense. "Le décompte réalisé mérite donc d'être revu en fonction de cet élément".
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