Encore un exploit de ma part, ma plus courte relation avec un garçon. Voilà on aura passé deux soirées et deux nuits ensemble dans une ambiance de tendresse et de love. Ouahh mais pourquoi donc cette idylle n'aura pas duré plus longtemps qu'un mauvais péplum?
On devait se voir ce soir et j'attendais son texto.Il me plaisait, je lui plaisait mais ce que je n'avais pas réussi à comprendre c'est que j'étais son 1er garçon, et oui il me l'avait fait comprendre mais je n'avais pas pris conscience de ce "point de détail" qui pourtant a vite pris son importance. j'ai été irrité toute la matinée de ne pas avoir de nouvelles et c'est en plein taf que le texto tant attendu tombe:Je ne sais pas si j'ai envie de venir, je n'assume pas ce qui m'arrive suis désolé de t'avoir fait espérer, désolé.
En voyant ce texto, je suis groggy, l'impression d'avoir pris un uppercut...Mais voilà je suis en plein milieu de la journée de boulot, il faut tenir malgré toutes mes pensées qui me tenaillent. Je prends sur moi mais à la pause je craque, je pleure, entre deux collègues qui font semblant de lire leur journal, à quoi bon?
Pleurer pour deux soirées? Non j'ai pleuré car j'avais un sentiment d'injustice, celui qui fait qu'un jeune mec sente tout le poids de l'homophobie ambiante lui bloquer ses désirs. Celui qui fait que tu ne t'assumais pas car tu n'étais pas sûr de tes sentiments, celui qui fait que je te comprends car je me suis aussi posé les milles questions que tu dois te poser en ce moment, ce mal être qui te bouffe, j'espère que tu vas vite surpasser tout ça. Je me disais qu'on ne c'était pas rencontré au bon moment, j'avais raison mais je ne savais pas que c'était à ce point vrai. Être gay n'est pas une tare mais il n'y a que toi pour pouvoir te refaire une belle image de toi, sache juste que si tu as besoin d'un ami dans ce parcours difficile je serai là, d'autres l'ont fait quand j'ai entamé ce chemin torturé.
J'entends déjà ricaner tous ceux qui se moquaient de mon enthousiasme. Voilà vous aviez raison vous les mecs qui savez tout sur tout, qui connaissez les règles des relations réussies, vous qui êtes loin de ma naïveté et de mes rêveries qui une fois de plus me font retomber d'encore plus haut. Je n'ai rien à foutre de votre avis, de vos "on t'aura prévenu".
Entre les "moralisateurs" et cette putain d'homophobie je ne ressens plus qu'un sentiment de haine. Je me replonge moi aussi dans la période où je haïssais mes sentiments et désirs, celle où quand je traversais un pont je n'étais jamais sûr d'arriver sur l'autre rive. Ce soir je vais sortir, m'enfuir dans une évasion éthylique, oublier cette réalité qui me rend si pathétique. Dès demain il sera tant de remettre le pied à l'étrier, de ne pas laisser de temps mort entre cette histoire et le reste pour ne pas sombrer dans la dépression qui me guette....