Toute lumière éteinte, le musée s'est tu. La nuit, les tableaux aussi se taisent.
Je me réveille, moi, la nuit. Je me réveille et crache en mon esprit sur tout ce qui vient m'obstruer le chemin. Ma truelle à la main, je maçonne; me façonne des espoirs. Beaucoup d'espoirs. L'espoir, comme je l'ai déjà écrit, ce n'est qu'attendre une main qui, un jour ou l'autre, serait tentée de se tendre. Pessimiste? Non. L'espoir l'est, lui.
L'ouïe du reste de mes sens m'informe qu'il me faudrait peut-être changer d'attitude; cesser le jeu. Ne pas mettre un masque à sa Vérité. La lumière est inodore, pour qu'on ne la repère pas.
Je pense m'égarer totalement. Où que j'aille, je me sens errant. Même ce semblant de page incite mes mots au vagabondage. Seulement, le baluchon n'est pas assez lourd pour la durée du voyage.
Ecornées sont les cartes; qui n'a jamais été tenté d'encorner son adversaire, celui qui nous fait face quand, hardiment, nous flattons notre reflet dans le miroir. Là est l'adversaire. Mais, c'est qui cet adversaire? Celui que je suis? celui que je voudrais être? celui que je pourrais être? celui que jamais je ne serais?
J'ai le musée dans le caniveau. Envie de le voir, ce tableau. Le temps d'un silence, un long silence, pouvoir être ce tableau.
"Quelqu'un doit être quelqu'un pour que quelqu'un devienne quelqu'un, pour ensuite ne faire qu'un avec quelqu'un qui ne fait qu'un avec lui-même." Rockin' squat.
La pierre, celle qui ricoche peut aller se noyer, je n'irais pas l'en tirer. Les vagues le feront d'elles-même; ou bien, ne le feront pas. Et puis, si cette pierre c'est moi, tant pis. J'en sortirais sans larme à l'oeil. Rien qu'avec le mépris dans la tête, une dernière fois.
Je pense à mon testament; j'en ai de multiples exemplaires dans le creux du crâne. De ceux sur lesquels certains cracheraient, de ceux sur lesquels certains compatiraient. Et puis quoi? ta compassion peut aller fignoler de sa langue les fesses des misères fausses. Ne viens pas faire aumône au breuvage qui me constitue.
Stupides coulées de lave sur un Etna fatigué; fatigué de n'avoir que le feu à faire couler. Ses larmes s'évaporent et se déversent en pluie acide sur un amas de chair. La chair en est rongée; ne reste que la satisfaction d'avoir sauvé son âme. Pour ceux qui croient que l'âme est de chair. La chaire de ma chair est vide. Aucun prêcheur factice pour y venir répandre son pus. L'infection commence par le consentement.
Musée éteint, synonyme d'oeuvres endormies. Dormez oeuvres, j'attendrais votre réveil.