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[Environnement] Pertinence et limites de l'écologie profonde
Pertinence et limites de l'écologie profonde par Alain de Benoist Tout au long du XX ème siècle des systèmes idéologiques opposés n'ont cessé de se combattre les uns les autres, chacun s'efforçant de promouvoir ce qu'il pensait être le meilleur modèle de société. Cette époque paraît aujourd'hui dépassée, mais on aurait bien tort d'en conclure à la fin des idéologies . Les idéologies qui ont fait faillite ont seulement été remplacées par une autre : l'idéologie de la marchandise, dont l'économisme constitue la langue savante et le discours publicitaire la langue vulgaire. Or, cette idéologie présente trois traits caractéristiques. D'une part, elle ne se donne pas pour telle ; d'autre part, elle jouit d'une situation de quasi-monopole ; enfin, et par suite, elle se prétend en quelque sorte fatale. Et tel est bien le trait dominant des sociétés occidentales dites développées (ce développement n'étant conçu que sous l'angle de l'enrichissement matériel) : leur système général est regardé comme inévitable. L'échec des fascismes et des communismes, les désillusions qu'ils ont engendrées, ont suscité l'idée qu'on ne saurait vouloir changer de société sans tomber dans l'horreur. Il en a résulté une vague de conformisme sans précédent. L'existence que mènent nos contemporains ne les enchante pas pour autant. Ils ont au contraire mille motifs d'insatisfaction, et d'abord cette insatisfaction essentielle de se retrouver dans un état d'anomie sociale où ils ne parviennent plus, pour la plupart, à donner le moindre sens à leur présence au monde. Ce n'est donc pas que la société dans laquelle ils vivent leur paraisse spécialement admirable. Simplement, ils pensent qu'il n'y en a pas d'autre possible. Et tout concourt à les conforter dans cette idée : l'effondrement de la pensée critique, la disparition des modèles sociaux-historiques vantés encore hier avec la dernière vigueur, le recentrage des partis politiques dont les programmes deviennent de plus en plus interchangeables, l'essor d'une technologie qui, échappant à tout contrôle, semble ne plus obéir qu'à sa logique propre, la mondialisation des flux économiques et informationnels qui consacre l'impuissance des Etats-nations devant la contrainte extérieur , etc. L'homme entendait naguère être le sujet de sa propre histoire. Il devient l'objet de processus qui le dépassent, et contre lesquels politiciens et experts lui répètent qu'il n'y a rien à faire. La possibilité même d'une alternative s'efface. Tout au plus peut-on espérer améliorer ou corriger un peu les défauts les plus criants du système. Les lendemains ne chantent plus et nous ne croyons plus au meilleur des mondes possibles, mais au moins sommes-nous persuadés de vivre dans le moins pire . Et d'ailleurs, que nous en soyons ou non persuadés ne change pas grand chose à l'affaire. De la société actuelle dans son ensemble, on peut dire ce que l'on a dit de la technique : personne n'en veut, mais tout le monde l'accepte.
Source : hautetfort.com
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