Situé à 26 km de Nîmes ou d'Avignon et à 4km de la commune de Remoulins, le Pont du Gard est peut-être l'ouvrage d'art le plus admiré des Français ; inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité en 1985, ce monument majestueux est aussi le plus visité (1) après le Mont Saint-Michel.
Le Pont du Gard est par ailleurs le plus imposant et le plus haut de tous les ponts-aqueducs romains connus, puisqu'il mesure près de 49m de hauteur. Cette dernière est obtenue  par la superposition de trois rangées d'arcades (2) en retrait l'une sur l'autre, et équivaut à un immeuble de dix-huit étages .
Son altitude est d'environ 65m.
Ce monument figure la partie la plus remarquable de l'aqueduc érigé par les Romains au 1er s. apr. J.-C. afin d'alimenter en eau la ville de Nîmes (3) ; il enjambe ainsi le Gardon au creux d'une vallée profondément engorgée, et donc facilement inondable - notamment à l'automne.
Le premier étage du Pont du Gard mesure 22m de hauteur, et c'est le dernier niveau du pont qui supporte la conduite d'eau de l'aqueduc.
Par ailleurs, certains blocs de pierre composant le monument pèsent près de six tonnes.
Ouvrage d'art, de prestige, et - bien sûr - très utile de par sa fonction, le Pont du Gard fut construit sur une dizaine d'années environ. Endommagé durant les invasions barbares, l'aqueduc cesse définitivement de fonctionner au IXe siècle. Sa portion la plus remarquable - le Pont du Gard - n'est alors plus utilisée que comme un moyen de franchir le Gardon.
En 1743, il est doublé d'un pont routier.
Au XIXe siècle, le monument, usé par le temps et l'érosion, menace de s'effondrer. Débutent alors d'importants travaux ordonnés par le Second Empire, travaux aboutissant à sa consolidation.
Une prouesse technique :
Tandis que la largeur des arches des ponts-aqueducs romains n'excède pas, a priori, les 5,50m, celle des structures voûtées du Pont du Gard varie entre 15,50 et 24,50m - pour les deuxième et premier étages.
Cela donne à l'ouvrage une impression de légèreté du fait des vides figurant sous chaque voûte.
Le premier niveau du Pont du Gard repose sur des fondations de roches dures. On remarque également que l'avant des piles  est renforcé par un système d'avant-becs (4) pour couper le courant et que l'ouvrage est légèrement curviligne pour résister à ce même courant parfois violent .
Les arcs sont formés de blocs de pierre taillée et l'on remarque encore, sur les piles, les boutisses qui ont servi à monter les échafaudages nécessaires à l'édification de l'ouvrage.
Les façades du troisième niveau, portant le canal ou aqueduc, ont 83cm d'épaisseur, ce en vue d'empêcher les infiltrations ; ainsi, ces murs sont-ils recouverts de dalles de 33cm d'épaisseur pour 1m de large. Quant aux parois intérieures du canal, elles sont revêtues - comme les joints, d'ailleurs - d'une couche de ciment épaisse de plusieurs centimètres, lui-même recouvert de peinture.
Le fond de l'aqueduc  est un blocage de petites pierres, de chaux et de gravier sur une hauteur de 0m22 formant une couche d'excellent mortier .
La pierre qui servit à l'édification du Pont du Gard - et de l'aqueduc qu'il soutient - est un calcaire tendre, aisément taillable, ne craignant pas les gelées et durcissant avec les ans. Tous les blocs ayant permis la construction du pont ont été extraits d'une carrière située à moins d'un kilomètre du monument, sur la rive gauche du Gardon.
Ajoutons que le Pont du Gard appartient à l'ordre toscan (5).
Long de cinquante kilomètres, l'aqueduc lui-même témoigne des prouesses techniques dont les ingénieurs de Rome étaient alors capables. En effet, la dénivellation entre les deux extrémités de l'ouvrage n'est que de 12m, soit une inclinaison moyenne de 24cm/km, ou encore 0,24mm/m.
Ces chiffres éloquents forcent le respect des plus grands bâtisseurs de notre époque.
Le Pont du Gard est ainsi une oeuvre de prestige, illustrant de façon éclatante la supériorité de la civilisation romaine urbaine, alors à l'apogée de sa puissance et de son expansion politique et culturelle.
(1) Exception faite des monuments de la région parisienne.
(2) Le premier niveau, qui repose sur le lit du Gardon, comporte six voûtes pour une longueur totale de 142m ; le deuxième niveau, quant à lui, en compte onze étalées sur 242m ; le dernier niveau, enfin, qui est aussi le plus étroit, comprend trente-cinq voûtes (dont une douzaine a disparu) sur environ 275m.
(3) L'aqueduc captait les eaux de la source de la Fontaine d'Eure, située non loin d'Uzès.
(4) L'avant-bec est une sorte d'éperon que l'on place en amont - c'est-Ã -dire face au courant, bien entendu, à la base d'une pile de pont ; il sert autant à diviser l'eau - et donc à réduire la poussée contre l'ouvrage - qu'à éloigner les corps flottants.
(5) Il s'agit d'un ordre romain d'architecture, inspiré par certains aspects du dorique grec - notamment en ce qui concerne les chapiteaux des colonnes.