Ma prof de français est revenue. J'avoue que depuis son départ, je cogitais un peu : je ne la connais de depuis 3 mois, je lui propose de venir habiter avec moi, elle dit oui? étais-je allé trop vite ? Je flippais pas, mais enfin, je cogitais.
Et puis dimanche, je suis allé l'attendre à la gare : quand je l'ai vue arriver sur le quai, dans la foule bronzée, quand j'ai vu son adorable sourire, merde, qu'est ce que j'étais heureux. J'ai compris que mes cogitations solitaires des deux dernières semaines n'avaient pas de fondement. J'avais simplement psychoté pour rien.
On a dîné dans un resto japonais. On a parlé de la religion catholique, de ses limites actuelles quant à la façon dont elle se présente aux individus, de Nietszche.
Les jours suivants, les effluves de sa présence se sont à nouveau instillées dans mon appart. C'était bien.
Hier, elle a calé des visites dans son ancien appart, afin de pouvoir le lâcher le plus tôt possible. Elle a donc passé une annonce, et plein de gens se sont mis à l'appeler dès le matin. J?étais pas encore parti bosser, je la regardais répondre au téléphone, et j'ai commencé à me dire que c?était mieux que je l'accompagne. Car passer ma journée au bureau en l'imaginant seule dans son ancien appart, ouvrant la porte à des inconnus, ça ne me plaisait pas trop.
Il faut vous dire que ma prof de français a un physique assez avenant, en fait. Et quand elle est seule en ville, des évènements non souhaités surviennent parfois ? insultes, etc.
Résultat : je l'ai accompagnée, et j'ai bossé toute la journée dans son ancien appart sur mon ordi portable, pendant qu'elle jouait à l'agent immobilier. Only paranoids survive.
En fin de journée, après les visites, elle m'a montré son album photo (elle a encore plein d'affaires dans son ancien appart, qui ne seront déménagées que ce week-end). Je l'ai vue bébé, enfant, ado? C'est complètement con, mais ça m'a touché au plus haut point. J'ai imaginé sa vie de l'époque : cette nana qui à 14 ans était la bombasse de son collège, première de sa classe, lisait des livres comme une folle, jouait de la guitare dans un groupe de rock gothique?
Une photo notamment m'a particulièrement touché : on la voit après une épreuve de guitare classique au conservatoire. Elle est en train de se lever de sa chaise en se touchant une mèche de cheveux, elle a le regard lointain, elle pense à plein de trucs.
Bon, j'arrête avec ma prof de français.
Aujourd'hui, je suis à mon bureau. Je bosse tandis que dehors, il pleut des trombes d'eau. Il y a une journaliste qui bosse aussi (c'est un bureau collectif), une fille que je n'aime pas trop, qui rigole nerveusement à chaque phrase qu'elle fait. Elle fait aussi des drôles de soupirs dans ses phrases, comme si elle disait des trucs vachement importants. Accessoirement, c'est la journaliste archétypale, bobo à mort, la pensée en pilotage automatique, toutes ces choses. Pour l'instant, c'est donc une journée sans grand intérêt.
Ce soir, encore une visite dans l'ancien appart de ma prof, puis dîner avec C*, pour parler de l'avancement de mon/notre projet de site web.
Globalement, je suis dans un état de confort mental assez agréable. J'apprécie, j'avoue.