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Cyber-connerie

Il y a, je crois, deux sortes de ruptures.
La première, celle qui semble la plus honorable, c'est lorsque la personne vous manque. Vous savez, ce sentiment de vide autour de vous, comme si la Terre ne pouvait plus tourner qu'en présence de l'être perdu. Celui dont vous ne toucherez plus la peau, celui que vous n'aurez plus le droit d'embrasser, de caresser. Celui, peut-être, qui disparaîtra de votre vie, tel un décédé. Ou alors peut-être deviendrez-vous amis, mais son absence dans le rôle de petit ami résonnera en vous comme un abîme que vous ne saurez combler. Gérer le départ, vous y arrivez, mais gérer l'après, c'est autre chose.
Et puis il y a ces ruptures où vous concédez amèrement que l'autre ne vous manque pas, que vous n'avez pas besoin de lui pour vivre, et que votre histoire semblait vouée à l'échec. Vous êtes résigné(e) à ce départ, presque content(e). Les autres disent, qu'en fait, vous avez besoin de ce rejet pour accepter le départ, que vous êtes si aigri(e) que vous ne pouvez pas admettre qu'il vous manque. Mais, au fond de vous, vous savez que vous avez fait le bon choix. Ce qui vous fait souffrir, ce n'est pas tant que l'autre ne soit plus là , mais c'est surtout ce en quoi la relation, et nécessairement la rupture, résonne en vous. Vous mettez en évidence vos faiblesses, vos erreurs, vos défauts, et vous ne supportez pas que cette rupture fasse autant écho en vous.
C'est malheureusement cette seconde forme de rupture qui résonne en moi depuis le départ de Lionel. Il ne me manque pas, et je savais que nos différences seraient venues à bout de nos moindres semblants de sentiments. Il pensait noir, je pensais blanc. Il disait blanc, je disais noir. Pour résumer. Mais je me rends compte à quel point j'ai été stupide face à lui. En y pensant, j'ai le sentiment d'avoir été soumis à lui. Comme si je m'étais rabaissé pour me plier à ses exigences, sans que lui ne fasse aucun compromis. J'ai donné beaucoup plus que je n'ai reçu. Je ne pense pas que l'on puisse quantifier ce que l'on donne et reçoit dans une relation, mais l'on doit sentir une sorte de balance en équilibre pour qu'une relation fonctionne bien. C'est l'idée que je m'en fais en tout cas. Avec lui, j'étais capable de modifier mon emploi du temps uniquement pour m'adapter au sien. J'étais capable de décaler des rendez-vous juste pour le voir une demi-heure.
Et surtout, ma plus grosse erreur, a été de passer des heures sur MSN pendant qu'il était au travail, uniquement pour parler avec lui. Je faisais l'effort de rester devant mon ordinateur uniquement pour lui parler, alors que j'aurais pu lire, travailler, étudier, regarder une vidéo, sortir, me reposer... Mais non, je restais bêtement devant mon écran, à attendre ses réponses. Ce petit jeu a duré près de trois semaines je crois. Puis j'ai pris de la distance. Mais pendant trois semaines, j'ai été à l'affût de la moindre connexion, de la moindre phrase.
Ajourd'hui, je m'en veux. Je me mets à détester internet, MSN, les blogs, les chats, les e-mails. Tout ce virtuel que je trouvais séduisant pour ce qu'il peut nous apporter, nous offrir. En discutant avec mon lecteur préféré hier soir, je lui ai dit que j'allais prendre mes distances de MSN. Je sais que je suis grognon quand je discute avec lui ces derniers jours. Non pas parce que je ne suis pas content de papoter avec lui, mais parce que j'ai peur de me retrouver à nouveau dans la situation que j'ai connue avec Lionel. Je ne veux pas reproduire ce schéma d'attendre patiemment une connexion, que ce soit de lui ou de quelqu'un d'autre. Mais surtout de lui. Au dela, je ne veux pas me sentir esclave de mon ordinateur et surtout de MSN, car je sais que c'est vite addictif. Je veux prendre du recul sur cette colère que j'ai par rapport à moi. Je n'en veux pas à Lionel, il ne m'a jamais obligé à me connecter. Je suis en colère contre moi pour avoir cru à ces beaux discours qui m'auraient fait faire beaucoup de choses.
J'ai dit à mon lecteur préféré que je ne me connecterai pas dans les prochains jours, alors qu'au fond, je sais que j'aime sa présence virtuelle et ne pas parler avec lui va me manquer. Pourquoi ne pas apprécier ce que j'ai? Pourquoi ne pas se contenter des choses comme elles sont? Pfff... je suis vraiment le roi des cons parfois.

Source : hautetfort.com
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