Voilà diverses impressions sur plusieurs aspects de la rentrée qui méritent notre réflexion.
Le chantage des sans-papiers :
Alors que le pays supporte environ 200 000 sans papiers par an (rapports du Sénat mais chiffre à prendre avec caution, à comparer avec les 50 000 immigrants légaux), et qu'on en expulse que 20 000 par an (2fois moins que l'Angleterre et nombre qui restera inchangé contrairement aux promesses du candidat Sarkozy), certains sans-papiers lillois ayant épuisé tous les recours, ont décidé de faire une grève de la faim à l'hôpital de Lille, entravant considérablement les services.
Rappelons qu'il n'y a aucun droit à s'installer en France et qu'ensuite on est bien mal placé pour se plaindre de l'accueil qu'on subit alors qu'on s'est installé en fraude et en baffouant le droit français. Précisons que l'administration n'avait prononcé les avis d'expulsion qu'à la suite de l'épuisement de tous les recours légaux... Simple application de la loi.
L'honnêté oblige à signaler que cette déplorable mode du chantage (digne d'enfants) est d'origine française et s'illustra dans le fâcheux Jean Lasalle, qui poussa la démagogie à son comble en faisant une grève de la faim en pleine assemblée nationale !
Néanmoins, les sans-papiers n'ont aucun droit à rester en France et font un acte odieux qui permet de douter de leur comportement futur de bons citoyens... Enfin, leurs partisans utilisent systématiquement la corde sensible, atout majeur dans une société rongée par la culpabilité et qui ne supporte pas le "mal" et prend fait et cause pour les "gentils" (catégories bien subjectives, en gros il suffit de se présenter comme une victime, voir à ce propos le livre d'un sociologue actuel La société des victimes). Le combat contre la repentance est d'autant plus urgent que cette dernière est le terreau nauséabond sur lequel poussent les graines de la démagogie (cf MRAP, Education sans frontières).
Le fait que la préfecture ait accepté de négocier est vraimant affligeant et augure mal de la suite... L'Etat n'a aucune autorité alors que c'est la base de son pouvoir : faire accepter les décisions au lieu d'être à la merci des groupes de pressions qui parlent fort.
Peopolisation de la politique : les bourrelets de Sarko et la copine de François
Rappel des faits : une photo de Sarkozy a été retouchée par paris match, sans qu'il l'ait demandé, afin de cacher ses rondeurs (comme on le fait pour les "people", et tout est là...). François Hollande a été pris en photo sur une plage avec sa nouvelle amie et a attaqué le journal closer; il a partiellement gagné (15000 euros de dommages mais pas de retrait).
Soyons lucide : le débat vie privée / vie publique est largement dépassé, comme la campagne électorale l'a démontré. La personnalité du candidat joue beaucoup dans une société médiatique et une nouvelle génération sevrée de téléréalité; cela permet aussi de se situer pour les masses ignorantes de la politique (faut reconnaitre qu'on s'y perd !). Cette utilisation de la vie privée est généralisée : accouchement de Ségolène Royale avec photos, Cécilia Sarkozy, photos du couple Fillon... Là encore, rien de nouveau si on compare aux Etats-Unis dont nous nous rapprochons de plus en plus (je ferai un article à ce propos afin d'expliquer cette américanisation dont on parle sans jamais l'expliquer).
Prime de 100 euros aux salariés sans absences en un an : discrimination ?
Une entreprise a donc décidé de donner une prime de 100 euros aux salariés n'ayant jamais été absents; ce qui déclencha une protestation des syndicats aux cris de "discrimination, discrimination" . Pour ma part je suis assez perplexe : au nom de l'égalité il ne faut pas priver de prime ceux qui sont malades ou pas sérieux ? Toujours cette chimèrique égalité... L'entreprise elle subit des désagréments des absences, fondées ou complaisantes, et ceux qui sont sérieux, qui prennent sur eux s'ils ont un rhume, ou qui ont de la chance n'ont-ils pas le droit d'avoir une récompense (on n'interdit pas le loto qui fait aussi agir la chance...) ?
On croit vraiment rêver
Turquie : les négociations continuent et l'imposture de Sarkozy aussi
Mr Sarkozy a déclaré vouloir que les négociations continuent, mais à condition que le refus d'une adhésion au final reste possible... Alors que le président élu est islamiste (modéré!?) on croit rêver... On voit mal les négociations échouer après 30ans de débats... on espère qu'avec le temps les gens s'habitueront...
Pourquoi refuser la Turquie ? Tout le monde le pressent : la Turquie n'est pas en Europe, que ce soit géographiquement (ou si peu), historiquement (elle a envahi l'Europe, nuance) et culturellement : la religion, le climat, la place des femmes : rien n'est commun avec l'Europe : elle n'a connu ni le Moyen-Age et ses cathédrales (elle n'appartenait pas à la chrétienté, ancêtre de l'Europe), ni la Renaissance, ni la période classique, ni la vague révolutionnaire... Pourquoi la Turquie et pas l'Algérie ou le Maroc ou l'Egypte etc ??? Les liens entre l'Europe et la Turquie sont limités, ils doivent s'améliorer mais sans qu'elle intègre une europe gargantuesque et au final grotesque, qui se dilue de plus en plus en s'étendant au détriment de la cohésion.