D'après Médias ...
Le boulet avait déjà sifflé très fort au soir du premier tour. Le second tour a définitivement emporté l'espoir de faire barrage à Nicolas Sarkozy.Avec plus de 53 %, la victoire de la droite est sans appel. Une droite dure, ultra-libérale, revancharde, qui n'a pas hésité à revendiquer les thèmes de extrême droite, entre à l'Élysée.L'information n'était pas tout à fait inattendue, mais n'en constitue pas moins un choc pour des millions de Français. pour les électeurs de gauche, pour la majorité de la jeunesse, qui ont appris hier à 20 heures l'élection de Nicolas Sarkozy.
Ce résultat est obtenu dans un contexte de participation électorale extrêmement élevée. Les électeurs ont été plus nombreux encore qu'au premier tour.Pour tous ceux qui, par millions dans le monde du travail et dans les quartiers populaires, ont à craindre de la politique qui s'annonce, pour tous les démocrates, les femmes et les hommes de gauche de ce pays, c'est un choc, une bien mauvaise nouvelle, difficile à avaler.Sarko vient de faire gagner une droite décomplexée qui a incontestablement marqué des points cette bataille. Une droite qui a cherché à diviser et à opposer pour promouvoir ses solutions individualistes et racistes.
Une droite qui a aussi beaucoup menti, qui a fait passer son candidat pour un homme de rupture, alors que la seule rupture qu'il envisage sérieusement est celle qu'il entend entreprendre avec notre histoire sociale, nos retraites, nos services de Santé, nos libertés…Une droite qui fait croire, à des salariés à bout de souffle, qu'ils gagneraient plus en travaillant plus, quand il s'agira en réalité de les exploiter plus.Une droite qui a parlé fierté nationale quand il s'agit de préparer l'assujettissement au capitalisme mondialisé.Outre les batailles au quotidien que la politique de la droite va sans attendre nécessiter, les élections législatives qui se profilent s'annoncent très importantes. Prévues dans quelques semaines.
Les électeurs peuvent enrayer cette logique et ne pas donner à la droite sarkozyste les pleins pouvoirs.Les millions d'électrices et d'électeurs de gauche qui ont perdu la bataille présidentielle ont tout intérêt à élire un grand nombre de députés de gauche déterminés à résister à la politique antisociale qui s'annonce, capables de continuer à porter des solutions alternatives.Le paysage politique du quinquennat ne sera joué qu'à l'issue du scrutin législatif des 10 et 17 juin.
C'est la première étape d'une indispensable et nécessaire contre-offensive. Si ce second tour a bien donné lieu à une mobilisation accrue des électeurs, nous n'avons pas assisté au sursaut démocratique espéré, capable de barrer la route à cette droite dure et sans complexe qui a recyclé les idées de l'extrême droite.Sarko s'est senti légitimé pour mettre en oeuvre un projet ultra-libéral, répressif envers les syndicats, généreux pour les riches, stigmatisant envers les pauvres, les chômeurs …
Sitôt élu, dans sa première déclaration, Sarkozy a égrené une nouvelle fois sa devise : Travail, autorité, respect, mérite... , il a défendu l'identité nationale et rejeté la repentance . Tout au long de ces dernières semaines, Sarko a usé de tous les ressorts de la démagogie et du populisme. Je suis le candidat du peuple , a répété l'homme de Neuilly, le favori du MEDEF, déjà ministre avec Édouard Balladur en 1993. Tout en préconisant un programme ouvertement libéral, qui fragilisera encore et surtout le monde du travail. Il n'a pas été avare de déclarations enflammées, se posant en sauveur suprême contre les délocalisations et des bas salaires ...Dans le même temps, afin de rallier à lui toute la droite la plus rétrograde et attirer les voix du FN, il a revêtu l'armure du croisé contre l'héritage de Mai 68, a flatté les nostalgiques du colonialisme ...
Après cinq années de droite au pouvoir, délocalisations, licenciements, privatisations, extension de la pauvreté et de la précarité, mais aussi, heureusement, défaites aux élections régionales de 2004, au référendum sur la constitution européenne, victoire des jeunes contre le CPE ... Il y avait, là , tous les ingrédients d'une défaite du chef de l'UMP, qui fut le ministre le plus influent des gouvernements Raffarin et Villepin.
Sarko est parvenu à s'affranchir du bilan négatif de toutes ces dernières années ...
Une riposte aux législatives est plus que nécessaire …