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Sarkozy : premiers extraits du livre de Yasmina Reza
 
photo : Keystone BEST SELLER
«Même si vous me massacrez, je n'en sortirai que grandi , voilà ce qu'aurait dit Nicolas Sarkozy à Yasmina Reza, l'écrivain qui l'a suivi comme une photographe pendant la campagne présidentielle. Personne n'avait rien lu jusquà ce week-end où quelques journalistes ont été sélectionnés pour le lire et en dire du bien.Elle et le Nouvel Obs ont été privilégiés en vue d'un plan média indolore. Vous trouvez que Sarkozy est partout et tout le temps. Vous allez aimer le prochain épisode du feuilleton Voici quelques extraits glanés ici et là destinés à allécher le client.
Petits extraits :
"C'est un antihéros sombre qui court après son ambition (...) Une agitation perpétuelle trahie par sa boulimie de chocolats et de bonbons qu'il engouffre, par ses tics d'agacement de la jambe qui provoque sans cesse l'affolement de sa chaussure à pompons" (...) "Quand je dis dans son entourage qu'il a l'air d'un enfant, on me regarde avec stupeur". Elle pointe ses colères contre ces "couillons" d'ambassadeurs, ces "cons" de parlementaires, ces "braillards à la con" de militants qui l'acclament. Elle le juge "odieux" lors de l'enregistrement des spots de campagne, lorsqu'il lance "La solidarité ? C'est quoi ce thème à la con ? La solidarité ca veut rien dire". "Il se fout des gens", note la romancière, à qui un conseiller avoue : "La réalité n'a aucune importance, il n'y a que la perception qui compte". Avant de monter à la tribune pour prononcer un discours clé sur "La France qui souffre", il saisit le "Figaro", visiblement attiré par la Une qui lui est consacrée. En fait, il s'extasie sur une publicité et lance : "Elle est belle la Rolex !" (...) Juste avant la victoire, il contemple son succès : "Je vais me retrouver avec un palais à Paris, un chateau à Rambouillet, un fort à Brégançon. C'est la vie". Yasmina Reza se moque aussi du ridicule des envolées lyriques dans ses discours, ses mots creux quand il assure que la Présidentielle, c'est l'oubli de soi. "Mais ce n'est pas l'oubli de soi, s'emporte l'auteur. C'est au contraire l'obsession de soi et l'inévitable oubli des autres". Si je n'existais pas il faudrait m'inventer", ose lancer le personnage Nicolas, dont elle dépeint l"authenticité antipathique", la "cruauté sèche". Une cruauté parfois drôle lorsqu'elle vise Alain Juppé ou Michèle Alliot-Marie. Ou bien lorsque le candidat répète à blanc le débat de second tour, Xavier Bertrand joue le rôle de Ségolène Royal et le titille sur l'argent de l'hôpital. Il s'emporte "Madame, madame. Vous n'ètes jamais contente, pauvre conne ! Dites-moi où vous trouvez l'argent ? J'ai un de mes proches, madame, qui est devenu sourd. Son prénom est Jacques. Il faut bien qu'on lui trouve de l'argent pour son sonotone !". "Si tu vas à Madrid, visite un musée, suggère G.-M. Benamou. Il répond :" Le con te dit merci." (...) "Je sais être solitaire dans les décisions. C'est tout." (...) "J'aime Chimène Badi. A LA FOLIE." (...) "Je vais vous faire sursauter. Je ne considère pas que Dick Rivers soit un naze." (...) "La vie est lourde" (à une bonne soeur). (...) "Qu'est-ce qui vous sépare de Georges Bush ? - Ce qui me sépare de Bush ? Il a été élu deux fois président des Etats-Unis."
Source : hautetfort.com
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