Voici une lettre que je soumets à votre réflexion. Il se peut que vous souhaitiez éventuellement ajouter un paragraphe. Je vous accorde jusqu'à mercredi soir pour me faire parvenir votre texte - et non pas que l'idée - Que ce bloc-notes puisse nous permettre de faire un travail en commun!
A Monsieur le Président de la République
Le 14 juillet fut pour vous l'occasion de mettre à l'honneur les blessés de la vie : accidentés, handicapés, et victimes de violence. L'attention que vous avez eu pour toutes ces personnes en souffrance a non seulement retenu toute mon attention mais j'ai compris qu'en m'adressant à vous je serai entendue.
Je sais qu'en ce 14 juillet il était impossible de réunir d'autres catégories de vos concitoyens : les personnes âgées dépendantes, les personnes en fin de vie toutes clouées sur des lits ou fauteuils enfin tous ceux dont une certaine Société n'a pas assez de mots de mépris (parfois) ou de compassion stérile (les bons sentiments sont non seulement insuffisants mais déshonorants).
Ce 15 juillet, votre élan vers ces enfants me donne l'audace de vous interpeller pour que tous ces êtres en grande souffrance, oubliés parfois dans des lieux sordides, puissent jouir du droit suprême : finir leurs jours dans la dignité. Je crains que vos précédentes responsabilités vous aient un peu éloignés d'une réalité qui angoisse une majorité de français. Les honneurs d'un 14 juillet à la lumières des caméras sont une chose, vivre au quotidien une maladie invalidante ou être livré aux affres de grandes souffrances sont des situations qu'un chef de l'État tel que vous désirez l'être, ne peut faire semblant d'ignorer pour ne rien engager comme actions.
Monsieur le Président, j'ai conscience que ce ne sont pas les projets qui vous font défaut. Je sais aussi que pour mener à bien tous vos objectifs il faudra beaucoup d'argent. Nous avons été avertis des économies qu ‘il nous faudra faire. Nous les ferons avec générosité si - et j'insiste sur le si - si l'exemple nous est donné et si les informations ne nous livrent pas les dépenses inutiles d'un État plus soucieux de son image que des vrais oubliés, à savoir ceux que l'on montre du doigt comme étant des improductifs ( vieux, handicapés, mourants). La grande priorité pour moi consiste à ce que chaque français puisse vivre et mourir dignement, ce qui explique qu'avec d'autres nous attendons en particulier : le développements de vraies unités de soins palliatifs avec la création de centre de la douleurs dans tous les départements.
Et puisque j'ai l'honneur de m'adresser à vous, je me permets de vous rappeler l'attente de 80 à 85% de vos concitoyens : la reprise de la Loi Léonetti. Monsieur le Président, la révision de cette loi ne devra surtout pas régler l'incapacité de l'Etat à offrir une qualité de soins, mais se soucier de se conformer aux volontés des personnes qui un jour demanderont à ne plus vivre l'impossible. Devant les terribles complications qui allaient atteindre Monsieur Mitterrand, celui-ci 5 jours avant sa mort s'est exprimé en quelques mots :Â je sais ce qu'il me reste à faire . Monsieur le Président, vous qui êtes l'homme du changement, alors n'hésitez plus, offrez aux français cette possibilité. Notre Société souffre trop d'inégalités qui hélas ne changeront pas, mais au moins que les conditions de notre fin de vie puissent être respectées comme elles l'ont été pour Monsieur François Mitterrand et comme beaucoup d'autres de hauts rangs, moins médiatisés.
Espérant que ma requête vous sera transmise à défaut d'avoir pris connaissance de cette lettre que j'insère dans mon bloc-notes ( http://direlavie.hautetfort.com/.), veuillez agréer Monsieur le Président l'expression de mon profond respect.