J'ai pris part au marathon de Londres. C'est la deuxième fois que je viens disputer cette course. L'année dernière, je finissais 5e au sprint. Mon objectif de départ était de conserver cette place voire de l'améliorer. J'ai du revoir cet objectif sérieusement à la baisse quand j'ai appris la participation de 2 patineurs parisiens d'un très bon niveau (catégorie national ).
Partis la veille de la course avec Quentin, un copain de mon club pour se promener dans Londres, nous avons opté pour un régime sportif très adapté à notre effort marathonien à base de burger King, de pizza 4 fromages et la pinte de bière of course. Nous avons dormi chez un ami à londres avant de partir tous ensemble le matin pour le circuit d'Hillington où avait lieu les hostilités…
Nous faisons une reconnaissance à pied du circuit. Il est physique, technique… Une longue cote de 300 m environ, une descente assez raide (mais exposé au vent de face), suivi d'un virage à droite avec un enchaînement sur une cote qui te casse bien les jambes (plus de 10% à vue d'oeil). Cette partie récompensera ceux qui ont les couilles de prendre le virage à droite en croisant (très peu de monde à notre niveau en fait). La suite est une assez courte ligne droite exposés plein vent avant d'arriver sur une grande ligne droite où il y a la ligne d'arrivée.
A priori ce parcours me conviendra parfaitement. Je ne suis pas spécialement un grimpeur mais c'est dans les cotes que je tire le plus facilement mon épingle du jeu car sur le plat je manque de puissance. De même que pour cette occasion je suis monté malgré moi en 5x80 et non en 4x100. Le 5x80 sera un avantage dans la partie technique décrite précédemment.
Cette reconnaissance passée, je retrouve les skaters anglais, toujours aussi cool. Je discute quelque instant avec Sol une nana très énergique qui vient parfois en France pour mettre une mine aux françaises . Je discute avec d'autres de tout ages. Je galère un peu avec la langue mais c'est pas grave, la bonne humeur est là , on est loin de l'ambiance French in line Cup, sympa aussi mais moins relax.
Claudia arrive un peu plus tard, ça fait plaisir de la revoir. Elle est avec les autres parisiens que je cotoie plus ou moins mais aussi avec les 2 bons patineurs dont je parlais au debut.
Et puis en traînant le long du circuit, on se retrouve nez à nez avec deux patineurs néo zélandais (on parle de l'élite mondiale là ) professionnels en temps normal. Ils sont venu s'amuser un peu et ça faisait plaisir de voir tte cette ambiance bon enfant. Gizlane Samir est là aussi. Elle a gagnée la french Cup en 2005 avec mon club, aujourd'hui elle est professionnelle aussi… D'autre patineurs anglais d'un très bon niveau dont un élite sortant des championnat du monde de Cali en Colombie… Le niveau est très relevé !
14 h. Je crois que c'est l'heure… On se place sur la ligne de départ, mon coeur s'emballe, le stress monte, je suffoque un peu. J'écoute les dernières recommandations en anglais. Je tourne la tête, je suis juste à coté des deux néo-zélandais ou comment le roller nous permet de rêver car jamais vous ne jouerai avec une star du foot si vous n'êtes qu'un amateur. La petite particularité en angleterre, c'est aussi que les filles partent en même temps que les mecs et ont le droit de rouler avec eux. Il y a des avantages et des inconvénients. Par exemple pour nous les mecs c'est quand même plus sympa, surtout que la vitesse, est un sport de contact, de toucher… Plus sérieusement ça nous remet en place de voir que les filles peuvent nous donner du fil à retordre… Par contre celles-ci prennent le risque d'exploser en voulant suivre des hommes pour la plupart plus fort.
Mais oublions toutes ces questions existentielles. Ready , go !
Le départ est rapide, faut accrocher le bon peloton. Le premier peloton se détache, il est composé des têtes d'affiche. Je m'organise avec les autres pour former un 2e peloton. Notre pack est composé d'une quinzaine de patineurs ce qui permet de bien s'amuser avec des échappés et des attaques. J'ouvre beaucoup la route au début, je protège Quentin au maximum, je voulais l'économiser pour faire le plus de chemin ensemble. Je l'empêche d'assurer ses relais pour ne pas qu'il se fatigue trop mais je vois bien que ça lui demande pas mal d'énergie quand même. On se replace en fond de peloton pour que moi aussi je puisse me reposer. Mais les derniers ne sont pas très frais, ils sont sur le point d'exploser. Je suis dans une mauvaise posture. Je sors donc du pack avant qu'il ne soit trop tard laissant mon équipier. Je remonte tout le peloton et reprend la tête. Je fais gaffe de ne pas trop en faire. J'encourage Claudia et Romy à qui je mets un tour. Je suis confortable en tête mais je donne mon relais mais cette fois je me range à l'avant du peloton pour éviter d'avoir à fournir un gros effort suite à une personne qui explose…Je me range derrière une patineuse de Birmingham. Ça va elle a l'air à l'aise … Il y a des attaques. Je les contre tranquillement. On fait notre course. Le rythme est assez rapide et puis dans la bosse, je suis en deuxième position, le patineur devant moi est bizarre, je sens le danger arriver, je laisse un peu de distance entre lui et moi. Gagné ! Il est épuisé, il tombe juste devant moi, je l'évite sans trop de difficulté. Je jette un rapide coup d'oeil derrière moi, il avait l'air bien (pas resté au sol allongé) du coup j'ai continué sur ma lancée mais il m'ont demandé de ralentir pour lui laisser une chance de revenir. J'ai trouvé ça très fair play mais je n'y croyais pas trop, il a chuté car épuisé…
On fait un tour tranquille, la course à pris une tournure autre à ce moment, alternance de repos et d'accélération (hé hé). Je ne me risque pas trop à m'échapper car mes jambes sont un peu dures, l'acide lactique est là (mon régime alimentaire sans doute) mais sans mouvements brusques de ma part, j'en ai encore sous le pied. Un mec tente une grosse attaque dans la longue cote, je sors une double poussée comme jamais j'en ai fait en course (je ne dis pas que c'était parfait techniquement parce que la double poussé, c'est un peu chaud !) mais le trou ne s'est pas fait et j'en ai profité pour prendre la tête et tenter d'écrémer le pack en imposant un train rapide. Je m'entends très bien avec Peter des london skaters, très coopératif, très sympa et calmant ma fougue à certains moment quand il fallait rattraper des fuyards il vont se fatiguer, n'accélère pas autant . Notre pack s'est bien réduit depuis le début. Le travail de sape effectué par les protagonistes de notre groupe a payé. La fille est toujours parmi nous ! elle en a ds les jambes celle là ! Elle ne peut assurer ses relais malgré tout. Faut dire aussi qu'une petite nana de 50 kg face au fort vent de face à certains endroits peut difficilement rivaliser avec des mecs qui dépassent généralement les 75 kg de viande. La course arrive à son terme. Je me met au point avec les skaters two laps remaining ? , yes, two laps ! Ok ! Je donne mon relais pour me reposer un peu. Et surtout je réfléchis (incroyable non?) à la manière de jouer la fin de course. Je suis très mauvais sprinteur et mes jambes sont pleines. Au sprint pur je n'ai aucune chance, les mec avec moi sont taillé pour ça… J'ai trouvé !
Je reprends la tête du pack au dernier tour et j'assure un train rapide mais sans excès. Première cote, je la monte avec une foulée longue qui me permet de redescendre en rythme cardiaque, mon coup approche je vais leur faire cramer les mollets ! c'est ma seule chance . Je prends la descente en roue libre. Le virage à droite en bas se profile et je me souviens des paroles de Fred ceux qui savent croiser à droite vont faire très mal . J'amorce mon virage en croisant à droite avec le plus de puissance que je peux ce qui me donne plus d'élan encore pour franchir la bosse. Je la grimpe en donnant tout, et derrière moi, ils ont mal ! Avant dernière ligne droite plein vent, mon coeur est dans le rouge à l'approche du dernier virage. Mes poursuivants m'ont rattrapé mais je ne lâche pas l'affaire. Je me fais dépassé par un patineur et je cravache sec avec un autre tandis qu'un 3e vient nous rejoindre. J'ai peur que mes jambes me lâche d'un coup ce qui fait que je ne peux pas sortir le petit plus qui me ferais prendre un avantage définitif. Nous arrivons à trois sur la ligne. J'ai fait 2e de cette ligne et 3e de mon sprint. Je suis satisfait, pour une fois je ne finis pas dernier de mon sprint !
J'ai salué mes adversaires, tous ensemble, on s'est bien amusé ! Le seule hic (et pas des moindre) c'est qu'il nous manque peut être un tour…j'espère que non mais c'est très probable.
Ensuite discussion en tous genre avec d'autres personnes ravi de leur course ou plutôt de l'ambiance qui y régnait (un peu comme à Beauvais pour celui qui connaît). J'ai fait un peu plus ample connaissance avec la patineuse qui a roulé dans mon pack, avec peter aussi que j'ai flingué sur le bugatti. J'ai revue mon jugement sur Gizlane, j'ai eu l'agréable surprise de découvrir quelqu'un de sympa à l'écoute des autres. Vraiment une course comme je les aime !
La French Cup est elle encore faite pour moi ?