Un plan à 100 millions d'euros et 1 000 emplois supplémentaires à la SNCF : tel pourrait être le cadeau aux syndicats consenti par le gouvernement et la direction de la SNCF pour tenter d'amadouer les syndicats avant le vote d'une loi sur le service minimum garanti.
1000 agents supplémentaires à la SNCF : c'est ce que prévoit le nouveau plan d'amélioration du transport régional présenté par la présidente de la société nationale, Anne-Maire Idrac. Le coût total des diverses mesures envisagées s'élèvera à 100 millions d'euros, prélevés, à en croire la patronne de la SNCF, sur une partie des très bons résultats de l'entreprise .
Mme Idrac se moque du monde, sachant :
• que les résultats d'exploitation officiellement publiés par la SNCF sont sujets à caution. Ainsi ses bons résultats intègrent-ils les généreuses subventions que lui verse l'Etat, autrement dit le contribuable ;
• que l'endettement des chemins de fer français, en additionnant celui de la SNCF proprement dite et de Réseau Ferré de France, société publique qui a repris à son compte en 1997 l'essentiel de la dette, se monte à 42,5 milliards d'euros ;
• Que la contribution de l'Etat au désendettement des deux sociétés publiques s'élève en 2007 à 1 357 millions d'euros.
• et qu'il faut encore ajouter à cette dette 114 milliards d'euros, correspondant aux fonds que la SNCF aurait dû provisionner, comme n'importe quelle entreprise, pour la prévoyance et les retraites de ses agents - ce qu'elle n'a pas fait. En revanche, pour éviter que ce trou ne déséquilibre les comptes de la société nationale, sa caisse de retraite en a tout simplement été détachée, et a pris la forme d'un organisme de sécurité sociale ! C'est, en fin de compte, le contribuable qui fera les frais du maquillage.
Dans ces conditions, est-il réaliste, ou même plausible, de prétendre financer un plan de 100 millions d'euros grâce aux prétendus bénéfices réalisés ?
Ce n'est pourtant ni le seul, ni le plus gros mensonge d'Anne-Marie Idrac. La présidente de la SNCF prétend que son plan permettra de diminuer les retards répétés que subissent les clients. Mais, sur ces 100 millions d'euros, combien coûteront les 1 000 nouveaux cheminots embauchés ? Ce personnel supplémentaire est-il vraiment nécessaire, alors que la SNCF est notoirement en sureffectifs ?
La réponse est indirectement apporté par une étude réalisée sur La résistance au changement à la SNCF , qui remarque : La revendication majeure des Cheminots est l'emploi, qui est devenu au fil du temps un véritable leitmotiv.
Ces 1 000 emplois supplémentaires pourraient bien être octroyés aux syndicats, avec la bénédiction du gouvernement, pour leur faire avaler plus facilement la pilule amère du service minimum garanti. On peut douter que cela suffise.