Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les gays sans jamais osér le demander
Moi, Julien M, 22 ans, gay (et fier de l'être)
I) Chronologie
L'enfance
Il y a beaucoup d'écrits sur le rapport avec le père. J'ai connu, tout au long de ma vie, beaucoup de gays qui ont eu des rapports particuliers avec leur paternel : l'un de mes ex se faisait battre par son père, un autre son papa était alcoolique et frappait sa mère. J'ai connu un nombre important de gays dont les parents étaient divorcés. Sans rentrer dans la psychologie de bas étage, la construction psychique de l'hétéro de base doit être de se référer à son père, quand on en a un que vous détestez, il est difficile de le prendre comme référant.
Pendant l'enfance, il n'y a pas de comportement type du jeune garçon qui n'a pas encore conscience de son homosexualité : néanmoins, je peux dire sans me tromper que le garçon aura surtout des amis garçons (car pression de la familleà n'oubliez pas que c'est beaucoup la famille qui conditionne les amitiés au primaire) tout en étant attiré par des jeux de filles (élastique, Barbie), et désintéressé déjà par certains jeux de garçons.
Le collège
C'est généralement au collège que le jeune découvre son homosexualité (même si moi je l'ai découvert au primaire à 9 ans).
Comment le découvre t-il ? Je crois que ce n'est pas un jour, on se lève et on se dit : mince je suis homo , c'est lorsqu'on a étudié un certains nombres de faits étranges (pour nous) qu'on se rend compte de cela : trouble dans les vestiaires, attirance pour un visage masculin, désintérêt pour les flirts si nombreux à cette époque…et la conclusion sera de dire "je suis homo". Attention, pour qu'il y ait cette conclusion, il faut avoir un "référent" homo: oncle, personnage de film, star... Moi à l'époque il y avait pédale douce (1996) et gazon maudit (1995) qui sortaient au cinéma, et mon oncle était "out".
Le collège est généralement la pire époque pour le jeune gay, il se renferme sur lui-même, et considère qu'il n'a rien à faire avec les garçons et/ou est exclu par les garçons qui ne veulent pas de son amitié étrange .
Là , soit il aura des amitiés féminines, soit il sera ce que les parents appellent pudiquement un solitaire .
Le lycée
Que dire du lycée ? Comme le primaire, il n'y a pas une histoire type. Certains refouleront leurs pulsions homosexuelles, sortiront avec des filles, ou le cacheront si bien qu'ils feront partie d'un groupe de potes bien hétéros, d'autres continueront dans leur amitié féminines, certains iront dans le groupe des marginaux (il y en a dans chaque lycée), d'autres trouveront un groupe d'amis mixte et tolérant.
Cette période dépend aussi beaucoup de la filière choisie…au lycée j'ai connu 2 gays qui s'affichaient comme gay en étant en L et en Médico-social…
Après, s'afficher comme gay en suivant une filière technique, où il y a 99% de mecs, me parait plus difficile.
Les études supérieures
La période fac, DUT/ BTS est généralement une période de bonheur et d'épanouissement pour l'homo. Il vit dans un monde beaucoup plus mature, et généralement plus tolérant. Il a connu ou va connaitre le sexe, l'amour, c'est la période où le papillon s'envole…
Le monde du travail
Là l'homo a l'impression de régresser puisqu'il va passer à un monde out ou du moins un peu plus libéré à un retour au placard. En effet il est rare qu'un jeune embauché dans une entreprise dise les 2 premières années qu'il est gay à tout le service…
Du coup, encore de la frustration, et un peu de honte de devoir faire en sorte que les termes utilisés pour désigner Mamour soient neutres : mon ami(e) la personne qui partage ma vie…elle a fait ci, elle a fait ça …c'est une gymnastique…ça m'est arrivé de me gourer et de balancer un beau Il dans une conversation, heureusement c'était avec une stagiaire.
L'âge mur, la vieillesse
Sur ce sujet je ne peux m'exprimer du fait de mon âge, néanmoins tout le monde s'accorde à dire que le vieillissement chez les gays est très problématique si le vieux se retrouve célibataire, au vu du jeunisme et du culte du beau qui règne dans le milieu gay.
Et puis comme disait Desproges, l'âge mur, par définition, c'est la période de vie qui précède l'âge pourri.